Parler néerlandais,
un plus pour trouver du travail

Publié le 30/10/2018 par Assimil
14 commentaires

Langue maternelle de près de 23 millions de personnes aux Pays-Bas et en Belgique, le néerlandais présente de sérieux atouts pour les Français en termes de réussite professionnelle. Cette langue germanique est en effet parlée dans des pays frontaliers où les possibilités d’embauche sont importantes. C’est également une compétence recherchée dans certains domaines sur le marché de l’emploi français. Voici en quelques points les avantages à parler néerlandais pour trouver du travail.

Le néerlandais, une opportunité transfrontalière

Savoir parler anglais pour se démarquer et trouver plus facilement un travail relève aujourd’hui de l’évidence. En plus de l’anglais, les demandeurs d’emploi sont désormais encouragés à apprendre le néerlandais spécifiquement dans le nord de la France.

Au-delà de la frontière, une main d’œuvre manquante

Pour les demandeurs d’emploi du nord de la France, apprendre le néerlandais et le mettre en avant dans son CV augmentent les chances de trouver un emploi de l’autre côté de la frontière. En effet, de nombreux postes en Belgique, notamment dans les Flandres, sont ouverts aux frontaliers qui savent parler néerlandais. Beaucoup d’entreprises peinent à trouver de la main d’œuvre dans certains secteurs comme l’industrie ou la santé, le taux de chômage étant bien moins élevé en Belgique que dans la région de Dunkerque.

L’action de la Maison de l’Europe de Dunkerque pour le néerlandais

Chaque semaine, la Maison de l’Europe de Dunkerque Centre Europe Direct propose deux cours de néerlandais : un de niveau A0 et un de niveau A1. Le mardi et le jeudi, des personnes de tous âges et de tous horizons se retrouvent afin d’apprendre la langue néerlandaise. Les motivations pour suivre ce cours sont propres à chacun. Si certains désirent apprendre le néerlandais pour réussir à converser avec les habitants du pays frontalier, d’autres indiquent clairement que c’est dans un objectif professionnel qu’ils souhaitent maîtriser cette langue. Les cours proposés par la Maison de L’Europe de Dunkerque immergent pleinement les apprenants afin qu’ils progressent vite et bien. 60 heures de cours de néerlandais sont ainsi dispensées tout au long de l’année, hormis durant les congés scolaires.

Le néerlandais, langue de pays au poids économique important

Autre raison d’apprendre le néerlandais pour trouver du travail : c’est une langue parlée dans deux pays économiquement très importants : la Belgique et les Pays-Bas. Ils font partie de la coopération intergouvernementale appelée le Benelux comprenant également le Luxembourg. Cette coopération est le premier partenaire économique de la région Hauts-de-France. De plus, forte de son importante production de richesses (PIB), elle se place comme deuxième partenaire économique de la France. Outre ce poids économique, le néerlandais se distingue également en étant la langue officielle de l’Union Européenne.

À lire aussi : Maîtriser une langue : un atout dans le monde professionnel

Maîtriser le néerlandais, un atout sur le marché de l’emploi français

Si la langue néerlandaise est un atout pour trouver du travail en Belgique, c’est également une compétence recherchée par les recruteurs en France.

Les secteurs porteurs

Parmi les secteurs où la pratique du néerlandais est recherchée par les recruteurs français, il y a le secteur commercial mais également le secteur de la recherche et du développement. Comme le Benelux est le deuxième partenaire économique de la France, la maîtrise de la langue néerlandaise est un avantage pour toute personne cherchant un travail au sein d’entreprises françaises traitant particulièrement avec la Belgique ou les Pays-Bas. D’après l’étude de Joblift*, un méta-moteur de recherche d’emploi, les besoins en néerlandais sont mentionnés dans les offres d’emploi de commerciaux, de professionnels de la logistique et de l’informatique.

De fortes demandes dans le tourisme

Dans les régions françaises proches de la frontière belge, comprendre et savoir parler le néerlandais est de plus en plus important pour les professionnels du tourisme. Avec une affluence croissante de touristes hollandais et belges, les hôteliers et restaurateurs estiment qu’il est aujourd’hui indispensable de connaître les bases de la langue néerlandaise. L’objectif ? Que ces touristes se sentent bien accueillis pour qu’ils dépensent plus facilement quelques euros, d’autant plus que leur pouvoir d’achat est généralement élevé.

Le néerlandais à travers le monde

Pour les demandeurs d’emploi mobiles, parler néerlandais peut ouvrir les portes d’un emploi en Belgique ou aux Pays-Bas, mais offre également l’opportunité d’aller travailler au-delà des frontières d’Europe. En effet, le néerlandais est une langue internationale parlée aux Caraïbes, en Suriname, aux Antilles néerlandaises ou encore en Indonésie.

Il existe également un dérivé du néerlandais appelé l’afrikaans. Son origine remonte au XVIIème siècle, lorsque l’Afrique australe est devenue une colonie néerlandaise. Cette langue est parlée spécifiquement en Afrique du Sud et en Namibie. L’afrikaans repose essentiellement sur des racines néerlandaises. Mais il est important de souligner qu’elle comporte également de nombreux ajouts issus de différentes langues africaines mais également de la langue anglaise, portugaise et française. Néanmoins l’afrikaans reste compréhensible pour un locuteur néerlandais.

À lire aussi : Comment trouver du travail à l’étranger ?

* Source : https://joblift.fr/Presse/italien-nerlandais-arabe-chinois-ces-autres-langues-qui-offrent-un-avantage-sur-le-march-de-lemploi-franais

Assimil vous accompagne…

Aucune notion de néerlandais ? Faites vos premiers pas avec la méthode Assimil pour le néerlandais de la collection Sans peine. Un cahier d’exercices sur le néerlandais est également disponible ainsi qu’un guide de conversation si vous décidez de voyager à Amsterdam par exemple.

Commentaires

Par Xavier le 30/10/18 à 17h50

Apparemment, le néerlandais est prévu dans la collection Objectif Langues https://livre.fnac.com/a12997188/Ineke-Paupert-Apprendre-le-neerlandais-Niveau-A2?omnsearchpos=1
Et pourquoi pas bientôt un perfectionnement ? 😉

Par Toni le 30/10/18 à 23h16

J’attends avec impatience un perfectionnement néerlandais, ainsi que des cahiers d’exercices faux-débutants et intermédiaires.

J’aimerais un ouvrage spécifique au flamand. Le seul actuellement au catalogue ne traite que des différents dialectes en Flandre.

Par Chris K. le 01/11/18 à 19h13

Effectivement, un perfectionnement néerlandais serait une bonne idée. 🇳🇱🇧🇪
A propos du suédois qui est une langue germanique au même titre que le néerlandais (mais d’une autre branche des langues germaniques).

Entre les deux méthodes de suédois éditées par ASSIMIL, la 1ère en 1986 par J.F. BATTAIL (en deux tomes) et la 2ème en 2011 par W. FOVET;
J’aimerais bien connaître les avis des personnes qui ont appris le suédois avec ses deux méthodes.
Pour moi les deux se valent d’un point de vue linguistique, si on fait abstraction de l’époque.
En effet, la Suède ne faisait pas partie de l’U.E. à la parution de la 1ère version du suédois « sans peine » en 1986; certains dialogues sur les possibilités d’émigration en Suède ne sont plus d’actualité.

Là je m’adresse plus spécifiquement à Michel qui doit certainement avoir étudié ces deux versions du suédois et aussi qui doit pouvoir exprimer son avis sur l’ouvrage:

« Manuel pratique de langue suédoise » (3ème édition – 1981)
de M. GRAVIER et S.E. NORD aux éditions KLINCKSIECK.

Personnellement, je trouve que cet ouvrage, bien qu’ancien et un peu trop universitaire, est un excellent complément aux deux éditions ASSIMIL de suédois.

Hej då 🙂 🇸🇪🇫🇮

Par Michel BELLON le 06/11/18 à 1h49

Bonsoir Chris,

Je vois avec un peu de retard (week-end de pont oblige…) que tu sollicites mon opinion au sujet de quelques méthodes de suédois, aussi je vais essayer de te la donner.

Bien que la question ne se pose pas vraiment, les premiers ouvrages dont je vais parler n’étant en principe plus disponibles, je voudrais d’abord préciser que j’ai commencé mon étude du suédois au début des années 70, peu de temps avant mon entrée à l’université, d’une façon un peu inhabituelle puisque c’était avec les cours du département étranger de la Radiodiffusion Suédoise (Sveriges Radio, SR).
Les émissions avaient lieu en général le dimanche en fin de matinée. Curieusement, elles n’ont jamais été proposées par le service français de SR, mais uniquement par ceux en langues anglaise, allemande et russe. Les auditeurs pouvaient écrire au siège de la radio à Stockholm pour se faire envoyer les fascicules accompagnant les émissions. Je me suis donc procuré les trois versions du cours, comprenant deux niveaux en anglais et russe, mais un seul en allemand. Le premier est plus ou moins le même dans les trois langues (Siv Higelin et Claude Stephenson : Swedish by Radio – Heinz Heuer : Schwedisch im stockholmer Rundfunk – Шведский язык по радио, sous-titré Курс для начинающих, sans nom d’auteur), adapté bien sûr aux difficultés spécifiques que peuvent rencontrer les locuteurs natifs de chacune dans l’étude du suédois. C’est la raison pour laquelle on trouve quand même des différences parfois importantes dans les textes, dans la progression grammaticale et par conséquent la façon dont la structure de la langue est exposée, ainsi que dans le vocabulaire. Mais sinon, nous suivons la vie de la famille Nilsson sur quelques mois, du printemps à l’été, au cours duquel M. Nilsson, qui est ingénieur, accueille un collègue étranger venu à Stockholm pour un congrès international, ce qui donne l’occasion de faire découvrir au visiteur comme à l’apprenant•e quelques villes et régions du pays. Puis le cours nous conduit vers la fin de l’année, qui culmine bien sûr avec la période de Noël, où nous sommes familiarisés avec des traditions encore bien vivantes à l’époque, surtout que la famille passe les fêtes à la campagne, chez les grands-parents.
En ce qui concerne le second niveau, le cours est très différent pour les deux langues qui le proposent. En bas anglaise, Vi läser svenska tidningar (mêmes auteurs, plus Gunilla Jansson) permet, comme son titre l’indique, de se perfectionner au moyen d’articles de presse nombreux et très variés (y compris des publicités, petites annonces ou programmes de radio et télévision) accompagnés d’explications linguistiques portant principalement sur le vocabulaire. En base russe, le cours a le même nom que pour le premier niveau, avec pour simple sous-titre Второй курс. Il propose un choix de textes « de civilisation » destinés à faire connaître à des apprenant•e•s vivant a priori dans un quotidien soviétique ou soviétisé les différents aspects de la vie des Suédois•es. À côté de la géographie du pays sont ainsi abordés entre autres sujets la journée d’une mère célibataire ou d’une immigrée polonaise (on sait qu’à cette époque la Suède attirait beaucoup de Polonais•es en quête d’une vie meilleure et qu’il leur était plus facile de s’expatrier que d’autres ressortissant•e•s des « pays de l’est »), la crise du logement, le système éducatif, les restrictions sur la vente d’alcool, la religion, les Vikings, le théâtre royal de Drottningholm… le tout alternant avec des extraits littéraires, de la poésie en particulier.
Si j’évoque ces trois cours, ce n’est pas pour le seul plaisir du souvenir, mais parce qu’il me semble qu’il est encore possible de se procurer une partie des fascicules auprès de vendeurs de livres d’occasion en ligne dans différents pays. J’ai en effet fait quelques recherches sur Internet il y a trois ou quatre ans, sans grande conviction, afin de savoir s’il existait des enregistrements des émissions diffusées par la radio, et j’ai alors été surpris de voir qu’on trouvait toujours certains des fascicules, principalement ceux de la version anglaise, pour un prix assez modéré si ma mémoire est bonne. Ces cours, qui reflètent l’image d’une Suède de la fin des années 50 au début des années 70, sont très intéressants non seulement pour leur aspect historico-documentaire, mais aussi en raison de la présentation très ordonnée et solide qu’ils font de la langue. Malgré la présence d’éléments aujourd’hui sortis de l’usage, comme les formes de politesse, ils constituent une excellente initiation au suédois, et je les recommande à quiconque souhaiterait compléter son étude de la langue en se (re)plongeant dans un passé qui n’est pas encore très ancien. Connaissant ton opinion (que je partage) sur Le Serbo-croate sans peine, je suis sûr que tu ne me contrediras pas. Le seul et gros défaut de ces cours est de ne pas systématiser dans les fascicules les indications phonétiques, notamment pour ce qui est des tons, qui n’étaient développées que dans la version radiodiffusée.

Tant que j’en suis aux manuels anciens, je mentionnerai un autre très bon livre, På svenska de Mariane Lindquist et Małgorzata Stypińska, publié en Pologne cette fois, en 1977, par le Państwowe Wydawnictwo Naukowe. La présentation de la langue y est particulièrement bien structurée. Chaque leçon comprend une section phonétique où est indiquée la prononciation des mots nouveaux en API avec les tons, des phrases mettant en relief le(s) point(s) de grammaire abordé(s), un dialogue et une « lecture » accompagnés de notes de vocabulaire, un exposé grammatical et un grand nombre d’exercices. Les corrigés ne sont pas donnés, mais il s’agit principalement d’exercices de substitution et, une fois le contenu de la leçon acquis, il est assez facile de les faire sans risquer de commettre des erreurs. Ces exercices sont à n’en pas douter l’un des points forts de la méthode. Je la recommande donc elle aussi aux cyberpêcheurs de raretés bibliographiques. Même sans être polonophone, il est à mon avis possible d’en tirer bénéfice en lisant les textes, observant les exemples grammaticaux, et surtout en faisant les exercices qui ne comportent pas d’énoncé, mais donnent un ou deux exemples de la tâche à accomplir, suivis de nombreuses phrases d’application. En les répétant souvent, et à voix haute selon le principe d’Assimil 🙂 , on pourra acquérir les automatismes du suédois parlé, ce qui est le but principal visé par les auteurs.

Le détour qui précède ne me fait pas perdre de vue les trois ouvrages que tu cites, et en tout premier lieu ceux qu’a publiés Assimil. Voici donc quelques mots pour résumer ce que j’en pense.

1) Le Suédois sans peine, par Jean-François et Marianne Battail.
La leçon préliminaire, consacrée à la prononciation, me paraît être un bon exemple de cette « leçon 0 » que j’appelle de mes vœux pour toutes les méthodes Sans peine. Les explications de prononciation n’y sont cependant pas toute convaincantes, ni cohérentes, en particulier celles qui concernent le ‘u’ par opposition au ‘y’. Il y a des aberrations dans la présentation des consonnes, la plus grave me paraissant être celle qui indique que « k, lorsqu’il est suivi de e, i, y, ä ou ö dans la même syllabe se prononce tch ». Sans plus d’explications, cette transcription « phonétique » conduit inévitablement un francophone à commettre une grosse erreur de prononciation, puisque le son en question, noté [ɕ] en API, est beaucoup plus proche de celui du « ch allemand de ich », bien que pas tout à fait identique, et n’a donc rien à voir avec celui qu’on entend en français dans « tchèque ». D’autre part, la prononciation du son que les auteurs transcrivent par [sch] n’est pas expliquée, et on se demande pourquoi ils ne l’ont pas noté simplement [ch] (ce qu’ils font d’ailleurs à plusieurs reprises, sans qu’on comprenne très bien pourquoi) sachant qu’aucune des deux façons ne rend de toute façon bien compte de la réalité de ce son. Mais je vais revenir sur ce point plus bas pour la méthode de M. Fovet, de même que sur la prononciation de ‘rd’, ‘rl’, ‘rt’ et ‘rn’.
La question des tons est assez développée, dans la leçon préliminaire et dans l’appendice grammatical, et les auteurs mentionnent bien l’élément prosodique de l’accent « double ou grave » lorsqu’ils précisent que « le ton descend quelque peu […] puis la voix remonte ». Ces tons sont notés dans les textes des leçons comme des exercices.
Dès le début, les leçons sont plutôt longues, avec un minimum de 10 phrases la première semaine et de 12 ensuite. Celles de révision proposent des notes « de civilisation » – comme par exemple « La politesse à la suédoise », « Les repas en Suède », « Le système monétaire suédois », « La vente d’alcool en Suède » – qui prennent de plus en plus d’importance dans le second volume. Cependant, le matériau grammatical est présenté d’une façon qui n’est à mon avis pas très adaptée. Il faut par exemple attendre la 35ème leçon pour qu’un premier point soit fait sur les verbes, après que tout ce qui concerne le nom et l’adjectif, ou presque, aura été traité (il n’en sera quasiment plus rien dit par la suite). Cette approche, très datée, diffère beaucoup de celle que l’on privilégie en général de nos jours en confrontant l’apprenant•e d’emblée aux noms comme aux verbes, ce qui a le mérite d’être conforme à l’expérience qu’on a d’une langue étrangère « en immersion ». La démarche des auteurs rappelle ici celle des « manuels pratiques » qui étaient particulièrement en honneur dans les pays de l’Est et n’avaient justement rien de pratique (la méthode polonaise que je citais ci-dessus n’en est que plus remarquable).
Le lexique, inhabituellement long, a l’avantage de donner les formes de base des mots, mais le faire figurer à la fin du second tome seulement, avec l’appendice grammatical et l’index, aurait été largement suffisant. Il était inutile d’inclure ces parties également à la fin du premier volume, ce qui représente une répétition de plus de 150 pages, et laisse à penser que les auteurs (et l’éditeur) s’attendaient à ce que bon nombre de lecteurs n’achètent que le premier tome, un peu comme si le second représentait une sorte de « Pratique du suédois » à laquelle tout le monde ne s’aventurerait pas !

2) Le suédois – svenska, par William Fovet.
La première partie de l’introduction me semble un peu maladroite. L’amour qu’a M. Fovet pour la langue suédoise est indéniable, mais il me semble qu’il pouvait facilement se passer pour le mettre en valeur des petites piques qu’il lance au français. Je mentionne cependant cela à titre purement anecdotique 🙂 . Par ailleurs, ne citer que Fifi Brindacier et Millénium comme exemples de la culture suédoise en restreint singulièrement l’étendue. Plusieurs autres noms célèbres auraient tout aussi bien illustré la littérature, pour ne rien dire du cinéma, de la musique ou de la peinture. Et dans un registre qui touche peut-être un public encore plus vaste, il aurait été bien d’évoquer quelques excellentes séries télévisées suédoises – à voir en V.O. – dont nous avons aussi discuté ici. Parmi les plus récentes, on peut citer Morden i Sandhamn (Meurtres à Sandhamn), Tjockare än vatten (Plus épais que l’eau, diffusée en France sous le titre « L’héritage empoisonné »), Den fjärde mannen (Le quatrième homme), Jordskott (Pousse souterraine, ou « La forêt des disparus ») et encore Fallet (Le cas). Certaines d’entre elles au moins existaient déjà à la parution de la méthode.
Les explications sur la prononciation sont concises et dans la lignée de ce que l’on trouve dans la plupart des Sans peine, mais dans l’ensemble je n’y vois pas trop à redire. Toutefois, affirmer que le ‘r’ dans les « combinaisons rd, rl, rt, rn … se réduit à un souffle » est une erreur phonétique, que M. Fovet reproduit après M. et Mme Battail. Elle est doublée à mon avis d’une faute pédagogique, car l’attention de l’apprenant•e est dirigée vers la prononciation du seul ‘r’, alors que les 4 graphies mentionnées représentent en fait des sons à part, dits « rétroflexes » ou « supradentaux », qu’on peut si on veut considérer comme des variantes de [d], [l], [t] et [n], prononcés avec la pointe de la langue légèrement recourbée, ou prenant appui sur la partie antérieure du palais, au-dessus des dents, et pas contre elles. Ces sons particuliers sont notés en API [ɖ], [ɭ], [ʈ] et [ɳ]. De plus, l’auteur ne rattache pas à cette série la combinaison graphique ‘rs’ qui représente elle aussi un son rétroflexe ou supradental particulier, noté [ʂ] par l’API, plus proche acoustiquement du ‘ch’ français et similaire à celui que le polonais écrit ‘ś’ ou ‘si’. Ce ‘rs’ [ʂ] est en tout cas différent du son, si spécifique au suédois, que l’auteur indique pour les orthographes ‘sk’ devant e, i, y, ä, ö, ‘skj’, ‘sj’ et ‘stj’ et qu’il transcrit par [ch] (en API [ɧ]). La méthode de M. et Mme Battail, en notant d’une façon légèrement différente la prononciation de ‘rs’ et celle de ‘sk’, ‘skj’, ‘sj’ et ‘stj’, évite au moins la confusion que fait M. Fovet qui considère que ces graphies correspondent toutes à un seul et même son. Relevons la touche comique qu’apporte l’auteur, peut-être volontairement, pour le décrire : « comme si vous prononciez le mot chaud en ayant un chou de Bruxelles chaud dans la bouche ». On le définirait sans doute un peu plus précisément en disant qu’il est intermédiaire entre ‘ch’ de chaud et le ‘h’ « aspiré » allemand, ou bien comme le ‘ch’ de chaud prononcé en rétractant la langue vers le milieu de la cavité buccale. Mais il faut bien reconnaître que le son en question rappelle en effet le bruit de souffle qu’on émet lorsqu’on veut refroidir une portion de nourriture qu’on a mise dans la bouche alors qu’elle était trop chaude ! M. Fovet a-t-il pensé aussi à ce que disent certains Allemands de la langue danoise ? On peut entendre en effet que « Die Dänen sprechen als hätten sie eine heiße Kartoffel im Mund » (Les Danois parlent comme s’ils avaient une pomme de terre chaude dans la bouche) ! 😀
L’explication purement phonétique des deux tons du suédois n’est pas suffisamment détaillée, surtout qu’elle semble se limiter à un phénomène d’accent d’intensité simple ou double, sans aborder son aspect prosodique. Mais au moins ces tons sont clairement notés dans les textes des leçons (mais pas des exercices cependant), tout comme dans la précédente méthode, le soulignement du « second accent » ayant simplement remplacé l’italique qu’utilisaient M. et Mme Battail.
Pour la grammaire, les faits me paraissent dans l’ensemble bien présentés et sont clairement récapitulés dans l’appendice grammatical en fin de volume. Remarquons seulement que le terme de « déclinaison » des noms n’est pas celui qui convient le mieux. Celui de « flexion » irait probablement mieux, d’autant que le terme consacré par la grammaire suédoise, böjning, remplace assez souvent pour les noms comme pour les verbes ceux plus spécifiques de deklination et konjugation. Contrairement à l’islandais et au féroïen, ou même à l’allemand, le suédois, à l’instar du norvégien, du danois et du néerlandais (et ne parlons même pas de l’anglais), n’a en effet plus de vraies déclinaisons nominales, mais simplement plusieurs classes de terminaisons pour le pluriel et des vestiges de génitif. Tout ce qui concerne la postposition de l’article défini met en jeu un mécanisme différent de celui des « cas ». Quant aux trois formes de la plupart des adjectifs suédois (non-neutre indéfini singulier, neutre indéfini singulier, singulier ou pluriel défini pour les deux genres), elles ne relèvent pas non plus d’une « déclinaison ».
Enfin, pour les verbes, il aurait peut-être été plus pratique, au moins pour le présent, d’adopter la classification en deux groupes de quelques grammaires : d’une part, ceux dont le radical se termine par une voyelle (dont une majorité par -a), qui n’ont pas de terminaison particulière à l’infinitif et au présent ajoutent la terminaison -r au radical, comme diska- (> diska, diskar), tro- (> tro, tror) ou ge- (> ge, ger) ; de l’autre, ceux dont le radical se termine par une consonne et qui prennent les terminaisons -a à l’infinitif et -er au présent (sauf si le radical est lui-même terminé par -r, auquel cas il n’y a pas de terminaison), comme ring- (> ringa, ringer), följ- (> följa, följer) ou hör- (> höra, hör). On remarque alors que l’impératif est toujours identique au radical : diska- > diska!, tro- > tro!, ge- > ge!, ring- > ring!, följ- > följ!, hör- > hör! Les verbes du type veta, jeg vet, vet! sont très peu nombreux et peuvent être considérés comme irréguliers. Mais la classification adoptée par l’auteur est conforme à celle de beaucoup de grammaires suédoises et n’est pas fondamentalement critiquable.
Le parti pris d’une langue vivante, moderne, transparaît bien dans la traduction de certains mots et expressions (c’est fastoche, c’est vachement bon…), et à ce sujet, une autre bonne chose dans cette nouvelle méthode est le lexique (suédois-français) des expressions et locutions, qui aurait bien sa place dans tous les volumes de la série. M. Fovet prolonge aussi la bonne idée des auteurs précédents en parsemant les leçons de révisions de paragraphes abordant des sujets « de civilisation ».

J’ai finalement une assez bonne opinion d’ensemble des deux méthodes Assimil successives. Il me semble que la plus récente est la meilleure pour débuter l’étude du suédois, et que la première dans l’ordre chronologique peut être utilisée par la suite pour réviser les bases et aussi comme une sorte de « Perfectionnement suédois ». De ce point de vue, je fais un parallèle avec les deux méthodes de catalan, la première, publiée uniquement en castillan, venant compléter et renforcer celle qui est parue beaucoup plus tard.

3) Manuel pratique de langue suédoise, par Maurice Gravier et Sven-Erik Nord (Klincksiek, 1968)
On recule à nouveau dans le temps avec ce manuel, qui était très bienvenu à l’époque de sa publication, alors qu’il n’existait pratiquement aucun matériel d’étude du suédois en base française. Mais cet ouvrage, ainsi que le revendique son titre, entre justement dans la catégorie des « manuels pratiques » que je critiquais plus haut. Je le trouve cependant intéressant et je dois dire que j’en ai tiré bon profit comme complément à d’autres méthodes à la visée plus pédagogique. Il permet, dans sa deuxième partie, de réviser la grammaire selon une progression classique, et les deux parties qui suivent (manuel de conversation et textes de lecture) offrent la possibilité d’enrichir le vocabulaire bien au-delà de ce qui est nécessaire au quotidien, à condition toutefois de disposer d’un bon dictionnaire, car les textes sont des extraits littéraires non adaptés, avec très peu de notes, et sont donc difficilement accessibles à qui n’a pas atteint le niveau C2 (pour lequel Assimil ne propose encore rien à ce jour, mais c’est un développement futur à espérer !). Il est dommage aussi qu’il n’y ait pas de corrigés des exercices.
Chris, je suis un peu surpris que tu apprécies cet ouvrage, même si j’ai bien noté que tu le trouves « un peu trop universitaire ». 🙂 Sa première partie est en effet une présentation plutôt technique de la phonétique du suédois, utilisant une terminologie que l’on trouve plus souvent sous la plume de spécialistes du domaine que dans des livres destinés à un public plus diversifié, et je croyais, d’après les remarques que tu as faites dans certaines de tes contributions passées, que tu n’aimais pas vraiment cela.

En conclusion de ce long message, je mentionnerai encore un ouvrage que je trouve très utile et efficace, Le suédois en 20 leçons, par Lena Poggi et Jean Renaud, publié aux éditions Ophrys. La dernière édition, parue il y a quelques mois, a une typographie très agréable. Le vocabulaire et la grammaire enseignés permettent d’atteindre un niveau respectable. L’introduction phonétique et l’enregistrement des textes sont disponibles en téléchargement gratuit (ils l’étaient sur CD payant pour la précédente édition), et les exercices sont tous corrigés. Enfin, dans le lexique, la prononciation de tous les mots est indiquée, en API.
Cette méthode est complétée par deux autres ouvrages de Lena Poggi chez le même éditeur : le Petit vocabulaire actuel suédois (descendant de la célèbre collection Le mot et l’idée), et son volume-frère d’exercices, tous corrigés.
Il est à noter qu’Ophrys propose également un « 20 leçons » et un livre de vocabulaire pour le norvégien et le danois, dans une édition plus ancienne. Malheureusement, le vocabulaire islandais ne figure plus au catalogue, et le « 20 leçons » qui était envisagé aussi pour cette langue il y a une douzaine d’années a été repoussé plusieurs fois avant d’être abandonné.

Bonne fin de soirée,
Michel.

Par Michel BELLON le 06/11/18 à 13h19

Bonjour à tou·te·s,

Le hasard fait parfois bien les choses. Notre discussion sur les méthodes de suédois d’Assimil me rappelle qu’aujourd’hui la Suède fête le Gustaf Adolfsdagen en souvenir de la mort du grand roi à la bataille de Lützen le 6 novembre 1632. Selon notre calendrier grégorien, c’est en réalité dix jours plus tard que le souverain a été tué. Mais à l’époque, c’est le calendrier julien qui était encore en vigueur en Suède, qui n’a adopté le grégorien que tardivement, en 1753. Le 6 novembre est pour cette raison resté la date de commémoration de Gustave II Adolphe, qui a régné sur le pays à partir de 1611, pendant un peu plus de vingt-et-un ans.

Cette fête est une « journée du drapeau » en Suède ainsi qu’en Finlande (où elle est appelée Svenska dagen et célèbre aussi la langue suédoise), le roi ayant porté le titre de duc de Finlande et d’Estonie pendant les presque cinq années qui ont précédé son accession au trône de Suède.

Gustave II Adolphe a joué un rôle déterminant dans l’histoire du pays, dont il a fait l’une des grandes puissances européennes de son temps. Entre autres choses, le souverain a mis un terme à la lutte de pouvoir opposant depuis longtemps la couronne et l’aristocratie, accompli plusieurs réformes administratives importantes, contribué notablement au développement économique du pays, soutenu activement l’éducation (c’est sous son règne qu’ont été ouverts les premiers « gymnasier » et qu’a été créée l’Université de Tartu ; le roi a aussi financé généreusement l’Université d’Uppsala pour l’aider à diversifier son enseignement consacré jusqu’alors essentiellement à la théologie) et refondé la ville de Göteborg détruite par les Danois et Norvégiens au cours de la guerre de Kalmar.

Lors de cette journée, on consomme des « Gustaf Adolfsbakelser », délicieuses pâtisseries dont la recette varie selon les régions mais qui sont généralement décorées avec une effigie du souverain en sucre, chocolat ou pâte d’amande.

Bonne journée,
Michel.

Par Chris K. le 06/11/18 à 18h44

Bonjour et merci Michel pour toutes ces explications intéressantes et très détaillées.

Je suis d’accord avec toi sur les deux éditions du suédois « sans peine » ASSIMIL de 1986 et de 2011 concernant les maladresses des auteurs lorsqu’il s’agit d’expliquer la phonétique et la prosodie de la langue suédoise sur la base du français; c’est pour cela qu’à défaut d’alphabet phonétique international (API), je préfère me fier à mon oreille en écoutant et en mémorisant les enregistrements audio.

Je possède également le livre et le support audio « Le suédois en 20 leçons » et « Vocabulaire suédois » aux éditions OPHRYS que je trouve également très bien faits et très utiles.

En ce qui concerne le « Manuel pratique de langue suédoise » de Maurice GRAVIER et de Sven-Erik NORD aux éditions KLINCKSIECK, j’ai l’édition augmentée de 1981 qui est peut-être différente que celle que tu possèdes.
Cet ouvrage est certes technique et théorique et avec des textes littéraires suédois de haut niveau, mais il reste un bon ouvrage de référence.

Ensuite il y a toujours les méthodes anglophones « Teach Yourself Swedish » et « Colloquial Swedish » qui sont régulièrement mises à jour et très pédagogiques comme toutes les langues enseignées par ces méthodes, hormis les enregistrements audio où les dialogues et les exercices sont ponctués de commentaires-guides en anglais, ce qui devient vite agaçant et qui au final n’apporte rien.

Pour ceux qui veulent s’expatrier, étudier et travailler en Suède, et qui veulent vite s’approprier le suédois, en plus de la methode ASSIMIL et des autres citées plus haut, il y a la méthode suédoise « Rivstart » qui va du niveau A1 jusqu’au niveau C1 et les méthodes allemandes « Tala svenska » (du niveau A1 au niveau B2), « Javisst! » (niveau A1-A2), « Välkomna! » (niveau A1 et A2), et « Välkomna tillbaka! » (niveau B1).
Les enregistrements de ces méthodes ont l’intérêt d’être uniquement en suédois (comme les enregistrements ASSIMIL) et de présenter les différents accents rencontrés à travers la Suède, y compris l’accent de Scanie (Skåne) dans l’extrême sud de la Suède où le suédois local est presque considéré comme un dialecte du danois (!)

Enfin, une suggestion pour les éditions ASSIMIL:
si un jour elles souhaitent se lancer dans les ouvrages bilingues; pourquoi pas publier une édition bilingue français-suédois (avec anotations) de la version intégrale du roman mondialement connu de Selma Lagerlöf « Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède / Nils Holgerssons underbara resa genom Sverige » ? 🇸🇪

Par Michel BELLON le 07/11/18 à 14h05

Bonjour Chris,

Je possède les deux éditions du Manuel pratique de langue suédoise, celle de 1964 dans son tirage de 1968, et celle de 1981 que j’avais ensuite rachetée, pensant qu’elle était différente puisqu’elle été annoncée comme « augmentée ». J’ai commis l’erreur à l’époque de ne pas bien vérifier en quoi consistaient les modifications, car en définitive elles se limitent aux textes de lecture de la troisième partie : l’un d’eux a été supprimé, d’autres ont été rajoutés, et le niveau de difficulté de certains, indiqué par des numéros de 1 à 9, a été modifié. Mais le reste du cours est inchangée, ainsi que le manuel de conversation.

Les éditeurs britanniques que nous connaissons bien font le même bon travail que d’habitude, mais tout comme toi je déplore les commentaires en anglais qui font perdre une bonne partie du temps d’enregistrement des versions sonores, n’améliorant en rien le contenu mais nuisant au contraire au confort d’écoute.

Parmi les publications allemandes, j’aime bien aussi celles de Buske, qui sont cependant peu nombreuses pour le suédois, la plus intéressante étant le Grammatikübungsbuch dont les exercices, tous corrigés, abordent de façon systématique les différentes parties de la grammaire, dans un ordre très classique.

On peut inclure à la liste que tu donnes le Beginner’s Swedish de Scott Mellor chez Hippocrene, qui est meilleur que beaucoup d’autres méthodes publiées par cet éditeur américain. Mais « meilleur que » ne veut hélas pas dire « bon » dans l’absolu, car l’approche de l’auteur est peu rigoureuse sur bien des points, les explications grammaticales sont disparates et presque toujours insuffisantes, et en définitive le livre n’est pas vraiment un manuel d’apprentissage de la langue, mais plutôt une sorte de guide de conversation avec des notes grammaticales. Ce qu’Assimil fait très bien avec la série Langues de poche, Hippocrene a du mal à l’égaler… 🙂
Comme j’ai fait quelques remarques sur la présentation de la prononciation dans les deux méthodes Sans peine, je mentionnerai aussi ce qui est dit par M. Mellor de certains sons. Pour le [ɧ], par exemple : « This sound is impossible to describe to the learner of the language and even more difficult to pronounce (it is rather like a harsh h). There are Swedish dialects that pronounce it as the English sh, which is what is recommended here ». Autrement dit, l’auteur baisse les bras et ne propose qu’un expédient. Pour [ɕ], il ne s’ennuie pas beaucoup plus : « [k] Sounds like sh before e, i, y, ä, and ö ». C’est clair, net, précis… et faux. Il n’y a que pour [ʂ], représenté par le digramme ‘rs’, qu’il fait un effort de description : « Sounds like English sh, though your tongue is placed behind the ridge of your mouth ». Il indique donc ici la position particulière de la langue comme il le fait pour les autres consonnes rétroflexes [ɖ], [ɭ], [ʈ] et [ɳ], ce qui est d’ailleurs un peu curieux puisque le ‘d’ et le ‘t’ anglais se rapprochent un peu de cette prononciation, et qu’on aurait pu s’attendre par conséquent qu’il n’insiste pas sur une différence qui est somme toute moins importante acoustiquement que celle qui existe entre le [ɧ] et le [ɕ]suédois et le [ʃ] anglais, orthographié ‘sh’.

Les cours publiés en Suède sont assez nombreux et reflètent bien l’importance de l’immigration dans le pays (c’est d’ailleurs un peu la même chose en Norvège, où les cours enseignent principalement le bokmål, comme nous l’avons évoqué en une autre occasion). Certains d’entre eux sont toutefois difficiles à aborder en auto-apprentissage sans une connaissance préalable minimale de la langue.

Pour une possible série bilingue d’Assimil, dont nous avons récemment parlé, le roman de Selma Lagerlöf ne pourrait sans doute pas être publié en intégralité, car il est beaucoup trop long. De plus, sa très belle langue est très classique et parfois un peu vieillie. D’autres écrivains plus récents seraient plus immédiatement intéressants sur un plan purement linguistique. Si le projet prenait un jour forme, pour éviter au moins en partie, j’imagine, la question des droits d’auteurs, Assimil pourrait éventuellement se rapprocher des éditeurs allemands qui publient des bilingues suédois, comme il l’avait déjà fait par le passé avec Kauderwelsch.

Bon après-midi,
Michel.

Par Chris K. le 08/11/18 à 16h07

Bonjour Michel et à tous,

Effectivement, parmi les langues scandinaves, le suédois a beaucoup d’importance pour des raisons d’immigration et du fait que c’est la langue nordique qui a le plus grand nombre de locuteurs (10,5 millions de personnes sont suédophones si on inclut les suédois de Finlande). 🇸🇪🇫🇮

Concernant le norvégien (bokmål et nynorsk), avec seulement 5 millions de locuteurs considérant la grande superficie de la Norvège, le matériel pédagogique pour apprendre le norvégien standard (bokmål) semble un peu moins développé que pour le suédois.
Hormis l’excellente méthode ASSIMIL le norvégien « sans peine » (qui, selon le site de la Fnac, devrait être réimprimé avec la nouvelle ligne graphique en avril 2019) et hormis les méthodes britanniques « Teach Yourself » et « Colloquial », on peut citer « le norvégien en 20 leçons » et « Vocabulaire norvégien » édités chez OPHRYS, ainsi que « Manuel de norvégien » de Harry Persson (OPHRYS – 1990) qui présente des textes assez anciens et de niveau assez élevé.
Les éditeurs allemands proposent des méthodes avec support audio accessibles aux débutants comme « Et år i Norge: Norwegisch für Deutschsprachige. Lehrbuch mit Schlüssel und CD » (Hempen Dr. Ute Verlag – 2017) et « Norsk for deg: Norwegisch für Anfänger A1-A2 – Lehrbuch + 2 Audio-CDs » (Klett Verlag – 2010).
Toutes ces méthodes sont basées sur la norme bokmål du norvégien.
La norme nynorsk semble être occultée et les méthodes d’apprentissage pour étrangers semblent ne pas exister.
La méthode ASSIMIL propose néamoins un petit vocabulaire nynorsk à la fin du livre, ce qui est très appréciable. 🇳🇴

Par Michel BELLON le 08/11/18 à 20h30

Bonsoir Chris,

Pour le nynorsk, tu as peut-être oublié la discussion que nous avons eue au début de l’année sous l’article « Langues et séries TV : 10 séries à découvrir » publié sur ce bloc-notes le 1/2/2016.
Tu peux relire les messages envoyés par Berkat et moi-même entre le 25/1 et le 2/2/18, dans lequel nous mentionnons quelques livres d’apprentissage du nynorsk qui sont destinés également à des étrangers. Il en existe donc, mais il est vrai que la quasi-totalité est en norvégien. Il est donc nécessaire de connaître déjà la langue (aucun problème si on lit le bokmål) ou bien de bénéficier de l’aide d’un professeur ou d’un locuteur natif.

Il n’est pas exclu que les éditeurs norvégiens publient quelques nouveautés dans ce domaine. Il y a eu récemment une discussion assez polémique sur l’utilité d’enseigner aux immigrants le nynorsk plutôt que le bokmål, qui domine assez nettement, suite à la décision de la municipalité d’Årdal de passer au nynorsk pour les cours d’intégration à destination des étrangers, et inversement aux projets de ministère de l’éducation de réduire la place accordée à la « langue seconde », notamment le niveau de compétence exigé des élèves dont le bokmål est la langue principale.
Comme souvent en de pareils cas, on a pu entendre des choses bien curieuses, comme par exemple que « l’apprentissage du nynorsk est [pour les locuteurs du bokmål] bien plus difficile que celui de l’espagnol » !

Bonne soirée,
Michel.

Par Chris K. le 08/11/18 à 21h21

Pour les cours d’intégration des étrangers expatriés en Norvège, autant apprendre les deux variantes officielles, à savoir le bokmål et le nynorsk pour s’intégrer à 100% à la culture norvégienne…
Maintenant le nynorsk sera sûrement plus utile pour quelqu’un qui vit dans le sud-ouest de la Novège (par exemple à Bergen), plutôt qu’à Oslo et dans tout le reste du pays où le bokmål est majoritaire.
Sans compter tous les nombreux dialectes et accents différents que l’on peut entendre dans toute la Norvège.

Par Antonin le 09/11/18 à 13h09

Bonjour. Je voulais juste vous informer que le nynorsk est enseigné par Glossika, je ne sais pas du tout ce que vaut cette méthode, mais je sais qu’ils utilisent l’API.

Par Chris K. le 13/11/18 à 14h43

Bonjour,

Merci pour l’info.
Je ne sais pas non plus ce que valent ces méthodes en ligne comme Glossika.
Le mieux serait de trouver un manuel édité en Norvège sur une base de norvégien bokmål.
Par ailleurs, William FOVET, auteur de la méthode ASSIMIL de suédois et traducteur du roman « Hommes las » de l’écrivain norvégien Arne GARBORG, préparerait une grammaire de norvégien (bokmål et nynorsk).

Ci-joint copié-collé de l’article extrait du site lesbelleslettres.com:

« William Fovet est maître de conférences et directeur de l’institut des études scandinaves de l’université Lumière-Lyon-2. Après une thèse de doctorat soutenue à Paris-IV, il a été assistant à la dramaturgie au Thalia Theater de Hambourg, lecteur de français auprès des universités de Linköping et de Karlstad, journaliste culturel en Suède, Norvège et Finlande, traducteur de philosophes français, allemands et italiens pour le compte des éditions Daidalos de Göteborg et éditeur d’une anthologie en langue française de philosophie nordique. Il collabore régulièrement à la revue Nordiques, vient de publier un manuel de suédois, prépare une grammaire du norvégien (bokmål et nynorsk) ainsi qu’un ouvrage sur le sexe ambigu dans la littérature scandinave à l’époque de la décadence. »

Par Michel BELLON le 13/11/18 à 17h37

Bonjour,

Les cours de Glossika ne permettent pas de véritablement étudier une langue, car ils sont basés sur la répétition de phrases dans lesquelles sont présentées, sans beaucoup d’explications, différentes structures grammaticales. L’apprenant est censé les acquérir par imprégnation, ce qui à mon avis ne peut marcher (et encore plus ou moins bien) qu’à condition qu’il étudie une langue relativement proche de sa langue maternelle, qu’il en ait de préférence une connaissance préalable au moins élémentaire et qu’il dispose d’un matériel d’apprentissage complémentaire.
Le principe est donc le même que celui de la série Eurotalk / uTalk par exemple. Une fois arrivé au terme de ces « cours », on est assez peu armé pour faire face avec aisance à toutes les situations de la vie quotidienne, en dépit de ce que prétendent les publicités (pour qui les cours en question sont toujours les « meilleurs au monde ») et les témoignages enthousiastes des utilisateurs qui les confortent. J’ai tendance à ne pas trop prendre en compte ce matériel d’étude qui n’est pas constitué de vraies « méthodes » au sens habituel et assimilien du terme.
Il est vrai toutefois que ces éditeurs proposent un certain nombre de langues rares. Ainsi Glossika aborde bien le norvégien nynorsk, mais curieusement pas le bokmål. On y trouve aussi des « cours » sur quelques langues de Chine, comme le cantonais, le wu, le hakka et le min méridional (ou hokkien de Taïwan).
Pour un petit nombre de langues, l’éditeur publie aussi des versions papier qui listent les phrases disponibles dans les enregistrements.

Bon après-midi,
Michel.

Par Chris K. le 13/11/18 à 21h44

Bonsoir Michel,

Concernant la phonétique suédoise, j’ai remarqué que dans la méthode ASSIMIL de suédois sur base allemande « Schwedisch ohne Mühe » qui n’est autre que la première édition de 1986 (de J.F. & M. BATTAIL) où les 2 tomes sont regroupés en un seul livre; la prononciation figurée « à l’allemande » est beaucoup plus proche de la vraie prononciation suédoise, ce qui est un plus !
Par ailleurs, apprendre une langue germanique sur la base d’une autre langue germanique n’est pas inintéressant sur le plan linguistique.

Néanmoins, je pense qu’ASSIMIL devrait à terme adopter l’API, cela éviterait bien des erreurs de prononciation.

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