Une nouvelle méthode de chinois

Publié le 25/02/2016 par Éditions Assimil
2 commentaires

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Nous publions une toute nouvelle méthode de chinois (mandarin), réalisée par Mei Mercier et Hélène Arthus.
Le chinois méritait une nouvelle édition puisque la précédente, bien que remise à jour régulièrement par Philippe Kantor, présentait le précédent cahier des charges de la collection sans peine. Nous sommes donc très fiers de publier une méthode totalement contemporaine, aussi bien dans sa structure qu’en ce qui concerne l’état de la langue. Nos deux auteurs, Mei Mercier et Hélène Arthus, présentent une solide expérience dans l’enseignement du mandarin, mais également dans le domaine de la traduction littéraire. Mei Mercier, professeur agrégée de chinois au lycée Français de Shanghai (LFS) a traduit Le Monde futur de Wang Xiaobo, tandis qu’Hélène Arthus, diplômée de l’Inalco, linguiste et professeur de chinois (désormais à la retraite) est la traductrice de Han Han chez Gallimard  et de Xu Zechen chez Philippe Rey. Hélène a déja signé, pour les éditions Assimil, le cahier d’écriture et le cahier d’exercices de chinois, parus en 2014 et 2015.

Commentaires

Par Chris K. le 21/09/18 à 19h11

Bonjour,

Je repose ma question qui n’a toujours pas eu de réponse dans ce blog:

A propos du cantonais 粵語 🇭🇰🇨🇳

Pour les personnes qui sont déjà familiarisées avec cette langue; dans la romanisation du cantonais, quel est le système qui vous semble le plus adapté et le plus simple pour transcrire les 6 à 9 tons du cantonais; le système Yale ou bien le système Jyutping ? 🤔

Pour info, la plupart des méthodes anglo-saxonnes de cantonais utilisent le système Yale, alors que la méthode ASSIMIL a opté pour le système Jyutping.

Par Michel BELLON le 22/09/18 à 1h05

Bonsoir Chris,

Je pensais te donner mon avis, mais la discussion avec Laurent est arrivée entre-temps et je n’ai ensuite pas repensé à ta question.

Tu ne seras pas surpris si j’indique pour commencer que, dans l’idéal, le système le plus adapté et le plus simple pour représenter la langue me semble être l’API.
Mais il s’agit d’un petit clin d’œil de ma part, car j’ai bien compris que tu parles de romanisation, et pas de transcription phonétique.

Le système Kok (appellation à mon avis préférable à celle de « Yale », couramment utilisée parce qu’il a été élaboré au sein de l’université du même nom, mais qui a l’inconvénient de correspondre à différents systèmes de romanisation du pǔtōnghuà, du yuè, du japonais ou du coréen) présente quelques similitudes avec le pīnyīn du pǔtōnghuà pour ce qui est des consonnes. Pour ce qui est des tons, sur lesquels porte plus précisément ta question, Kok propose deux solutions.
Celle qui consiste à indiquer le ton à l’aide d’un chiffre en exposant ne me plaît pas, personnellement, pour des raisons essentiellement esthétiques. Je sais que cela peut sembler un peu curieux, mais après tout, l’« élégance » est aussi une préoccupation pour les sciences, en mathématiques notamment, où le mot peut se référer à la concision et à l’économie de moyens avec lesquelles un problème est traité. 🙂 Quoi qu’il en soit, la présence de ces petits chiffres, très nombreux puisqu’ils accompagnent chaque syllabe, rend pour moi la lecture assez pénible et rapidement irritante.
La seconde solution, se servant des trois accents (ˊ, ˋ et ̄) qui peuvent se combiner avec la lettre h, me paraît plus agréable et par conséquent plus efficace. L’utilisation du h pour noter les tons, alors que dans le système cette lettre représente aussi la consonne [h], ne pose pas de problème en dépit de ce qu’on a pu dire, car le h consonne est toujours une initiale de syllabe alors que le h tonique se place après la voyelle, et donc jamais à l’initiale.

Le système jyut6 ping3 diffère peu du précédent pour la notation des consonnes, bien qu’il soit plus proche sur ce point du pīnyīn du pǔtōnghuà car il utilise z et c là où Kok opte pour j et ch. Pour les voyelles, il est aussi très similaire au système Kok, mais toutefois un peu plus complet, car il intègre trois finales supplémentaires, correspondant à la prononciation informelle, plus parlée de la langue, que Kok laisse de côté. C’est donc par la notation des tons que se distinguent le plus les deux systèmes. Comme son nom même l’indique, le jyut6 ping3 fait appel uniquement à des chiffres, qui ne sont d’ailleurs pas en exposant. Il n’a pour cette raison pas ma préférence.

Cela dit, si l’on examine précisément les termes de ta question, les deux systèmes, à défaut d’être aussi « simples » (c’est-à-dire, de mon point de vue, « esthétiques » ou « élégants »), sont tout autant « adaptés » à la transcription des 6 tons du yuè ou guǎng fǔ huà, car ils ne diffèrent que sur la forme, et pas le fond.
On pourrait s’interroger par contre si on prenait en compte un autre système que tu ne mentionnes pas mais que nous connaissons bien quand on parle du « chinois », à savoir le pīnyīn, dans sa version adaptée au yuè. Ce dernier retient en effet 9 tons, notés comme en jyut6 ping3 par des chiffres, dont les trois derniers (7, 8 et 9) ont en réalité les mêmes contours que les tons 1 (ton haut, ou haut descendant), 3 (ton moyen) et 6 (ton bas). Ils sont distingués uniquement en tant que « ton entrants », par référence au chinois médiéval. Mais il ne s’agit pas de « tons » au sens phonétique du terme. Cette appellation a plutôt une valeur phonologique permettant de distinguer les syllabes de ton 1, 3 ou 6 quand elles ont pour finale -m, -n ou -ng de celles qui se terminent par les consonnes occlusives sourdes équivalentes -p, -t ou -k. Ces finales, comme on le sait, ont disparu du chinois standard moderne (pǔtōnghuà), mais elles se maintiennent en yuè et dans d’autres langues sinitiques.
L’expression « ton entrant » (on dit aussi « ton entravé » sur le modèle de l’anglais « checked tone ») est due au fait qu’une syllabe qui le porte est « fermée » par sa consonne finale, et que le segment tonal porte donc plutôt sur la partie initiale ou entrante de cette syllabe.

Bon week-end,
Michel.

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