L’apprentissage des langues anciennes :
non, ce n’est pas inutile !

Publié le 27/10/2015 par Assimil
4 commentaires


La question de l’apprentissage des langues anciennes, principalement le latin et le grec, fait partie des sujets d’actualité, surtout en raison de la réforme des collèges. Cette dernière, portée par la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, prévoit la modification du dispositif d’apprentissage actuel. L’occasion de revenir sur l’importance des langues anciennes dans le quotidien.

Les langues anciennes, une place toujours omniprésente au quotidien

Même si le latin et le grec ancien ne sont pas des langues parlées couramment aujourd’hui, elle n’en reste pas moins des langues bien « vivantes » car on les retrouve sous de multiples formes, partout dans notre quotidien. C’est par exemple le cas dans la médecine, les mathématiques, la physique et bien entendu dans la langue française qui constitue une évolution du latin et intègre d’ailleurs de nombreuses expressions latines utilisées telles quelles. Ad hoc, ad hominem, in situ, in extremis, alter ego, ou encore et caetera en sont quelques exemples.

On retrouve également les langues anciennes de manière indirecte, à travers les entreprises qui sont nombreuses à choisir un nom aux consonances latines ou grecques. Un choix qui exprime souvent la volonté de posséder une image sérieuse.

On notera enfin qu’aujourd’hui, environ 20% des élèves de collèges étudient le latin, et environ 3% le grec.

Pourquoi apprendre les langues anciennes ?

Différentes raisons doivent motiver à apprendre des langues anciennes.

  • Mieux comprendre l’Histoire et le présent

Apprendre le latin et/ou le grec est une formidable fenêtre sur l’Histoire et permet de s’immerger dans la vie, la culture et le mode de pensée d’ancêtres qui ont posé les fondements de la société européenne actuelle. Philosophie, politique, droit… la découverte des textes anciens est une source de connaissance intarissable ou presque.

  • Développer sa culture et ouvrir son esprit

La littérature contemporaine est truffée de références à l’Antiquité et l’apprentissage des langues anciennes ainsi que des histoires qui les entourent donnent des clés intéressantes pour mieux la décrypter. Elles offrent aussi des bases intéressantes lorsqu’il s’agit d’apprendre d’autres langues étrangères possédant les mêmes racines.

S’immerger dans les langues anciennes, c’est aussi une manière d’ouvrir son esprit pour les esprits curieux.

  • Apprendre des langues anciennes pour améliorer ses compétences orthographiques, grammaticales et linguistiques

S’initier au latin ou au grec permet enfin de mieux décrypter la langue française et de se pencher sur l’étymologie des mots, la grammaire et l’orthographe. Connaître l’histoire d’un mot, la manière dont il est construit aide à mieux rédiger au quotidien ; chose qui n’est pas inintéressante à l’heure où l’on déplore de plus en plus la dégradation du niveau de français chez les élèves par exemple.
Sur le plan grammatical et linguistique, les langues anciennes sont également très intéressantes. Si on prend l’exemple du latin, un jeune latiniste découvre une syntaxe très intéressante et différente du français, avec un verbe positionné à la fin de la phrase. L’étude des cas et des désinences permet également de mieux comprendre certaines nuances grammaticales, les notions de nature et de fonction, en français comme pour d’autres langues. Le latin et le grec ancien présentent incontestablement une dimension propédeutique : l’étude de ces langues permet de mieux apprendre d’autres langues et de mieux comprendre les outils linguistiques.

  • Assimil vous accompagne …

Vous souhaitez apprendre le latin ou le grec ? Assimil propose une méthode adaptée aux débutants et faux débutants : « Le latin », mais aussi « Le grec ». Et Etymolinguo vous propose de jouer avec les racines grecques et latines du français.

Et vous, avez-vous appris une langue ancienne ? Cet apprentissage a-t-il été utile ?

Commentaires

Par Louise le 28/04/17 à 6h59

Bonjour,

Je travaille le grec ancien avec Assimil, et je trouve la méthode très bien faite et utile. Je réserve mes sévérités pour le comédien masculin du premier CD (je n’en suis que là) qui a une façon de dire qui me plonge dans l’agacement quant la comédienne, en revanche, a l’air plus naturel.
Je vous assure, cela rend les choses plus difficile.

Par Chris K. le 30/04/17 à 0h22

@ Louise: je suis d’accord avec vous. Cette voix est agaçante ! Agaçante un peu comme la voix féminine de la nouvelle méthode de latin (Desessard) qui parle latin avec un fort accent germanique ! Les autres locuteurs qui parlent latin avec l’accent italien « sonnent » beaucoup plus authentiques.

Pour le grec ancien, il y a encore beaucoup d’incertitudes sur sa phonologie authentique vu que c’est une langue morte (et non pas une langue ancienne encore utilisée comme le latin et le sanskrit).
Aussi, la phonologie du grec moderne qui est parlé de nos jours en Grèce est très différente de celle du grec ancien tel qu’il est traditionellement enseigné (même si en grec moderne on retrouve en majeure partie le vocabulaire +/- modifié du grec ancien).

Pour moi, les méthodes ASSIMIL de grec ancien et d’égyptien hiéroglyphique sont les seules méthodes qui n’ont pas besoin de support audio.
Les enregistrements sur CD pour ces deux langue mortes ne restituent qu’une prononciation approchée, voire extrapolée.

Par Michel BELLON le 30/04/17 à 12h49

Bonjour,

Personnellement, je ne suis pas tant que ça dérangé par les prononciations divergentes, ou les « accents » que l’on peut remarquer dans les enregistrements des méthodes de langues anciennes, mais aussi d’espéranto, maintenant hélas retirée du catalogue. Si l’on veut, cela témoigne de certaines variations existant à l’époque où ces langues étaient effectivement parlées. Un parallèle peut être fait avec les différents accents que l’on observe de nos jours en anglais (britannique, américain, indien, africain…), en espagnol (européen, sud-américain…), portugais (européen, brésilien…) ou français (hexagonal, belge, québécois, africain…). On remarquera de plus que chacune des variétés mentionnées comporte elle-même de nombreuses sous-variétés : qui pourrait sérieusement affirmer qu’il existe un seul accent français, anglais, américain, espagnol ou brésilien ?
Par conséquent, j’admets assez facilement qu’on puisse entendre plusieurs accents latins, grecs anciens ou égyptiens anciens, et qu’on ne cherche pas à donner une image uniforme de la prononciation de la langue, qui serait pour le coup encore plus théorique.
Bien entendu, je relativise tout cela en étant bien conscient que, par exemple, un accent allemand ou chinois en grec ancien par rapport à la norme choisie, en l’occurrence celle qui se base sur la prononciation « érasmienne » modifiée par la prononciation restituée de Stephen Daitz et Jean-Victor Vernhes, ne reflèterait pas véritablement les différences qu’il pouvait y avoir entre l’attique et l’ionien à l’époque classique.

D’un point de vue pédagogique, il me paraît absolument indispensable que ces enregistrements existent. Le travail d’apprentissage de la langue est facilité quand il passe aussi par l’oreille. Il est par exemple très utile (et agréable, de mon point de vue) d’avoir la possibilité d’entendre des textes en latin, grec ancien ou égyptien hiéroglyphique lorsqu’on marche dans la rue, qu’on vaque à des tâches quotidiennes ou qu’on se trouve dans les transports en commun. Cela permet à la langue et à ses structures de se fixer plus profondément dans l’esprit et renforce l’efficacité de l’apprentissage. Basé uniquement sur l’écrit, il serait beaucoup plus aride. Bien que je sois moi-même intéressé par la « grammaire dure » et que les manuels « à l’ancienne » ne me fassent pas peur ni ne m’ennuient, je reconnais à Assimil l’immense mérite d’avoir donné aux langues anciennes, grâce aux enregistrements effectués pour toutes les méthodes, un éclairage nouveau, une matérialité qui leur faisait jusque-là défaut et finalement un « visage » assez émouvant et qui les rend finalement plus attractives.

Cela dit, on peut bien entendu toujours discuter de la « norme » choisie, mais il me semble que les choix faits par Jean-Pierre Guglielmi n’ont valu à Assimil que des louanges, très méritées à mon avis.
Dans le cas du grec ancien, on dispose malgré tout de nombreux moyens permettant de se faire une idée assez précise de la prononciation de la langue classique, bien que certains points restent incertains et le seront toujours, sauf si on parvient un jour à réaliser les beaux « projets fous » des archéoacousticiens, parmi lesquels Georges Charpak, notre compatriote prix Nobel de physique en 1992 : ceux qui sont intéressés pourront se reporter à la page Internet [syntone.fr/ecouter-le-passe/] pour une première approche.
Dans le cas de l’égyptien, les documents et méthodes sont moins nombreux et le degré d’incertitude est beaucoup plus grand, mais il existe toutefois des solutions conventionnelles admises à peu près par tous les spécialistes.

Ne boudons pas notre plaisir et saluons le travail d’Assimil, novateur ici comme il l’est si souvent !

Bon après-midi,
Michel.

Par Chris K. le 30/04/17 à 19h41

Re-bonsoir,

Je me suis peut être mal exprimé; les enregistrements audio sont indispensables d’un point de vue pédagogique pour intégrer une langue. J’avais juste plus de réserves concernant les langues mortes, dont la prononciation n’est restituée que selon une norme établie longtemps après l’extinction de ces langues.
La véritable prononciation du grec ancien, que ce soit le dialecte attique ou ionien est encore inconnu même s’il a été « extrapolé » par des linguistes selon divers critères.

L’enseignement du grec ancien est toujours obligatoire dans les collèges et les lycées en Grèce, les apprenants hellénophones lisent le grec ancien en utilisant la prononciation du grec moderne démotique, c’est à dire le grec actuellement parlé dans la vie quotidienne en Grèce
L’enseignement du grec ancien en Grèce met plus l’accent sur l’étude des textes et de la culture grecque classique que sur la phonologie.
Un grec qui n’a jamais étudié le grec ancien peut comprendre certains mots sans pour autant comprendre le sens d’une phrase.
Si je peux faire la comparaison, c’est comme le français par rapport au vieux français et au latin, comme le hindi par rapport au sanskrit, comme le russe par rapport au vieux slavon (bien que ce dernier est encore utilisé à l’église dans les liturgies orthodoxes, tout comme on utilise encore le latin dans les messes catholiques traditionnelles).

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