Langues et séries TV :
10 séries à découvrir

Publié le 01/02/2016 par Assimil
35 commentaires

Atelier Série japonaise Netflix
Regarder des séries TV en VO est vivement recommandé pour compléter l’apprentissage d’une langue étrangère. Voici une sélection de séries cultes à regarder et re-regarder en version originales pour leur originalité et leur qualité.

The Americans – États-Unis

Une série à regarder en anglais américain et en russe.

On suit l’histoire de Phillip et Elizabeth Jennings, deux espions du KGB dont le mariage a été arrangé. Ils s’installent dans la banlieue de Washington avec leurs enfants au début des années 80, peu après l’élection du président Ronald Reagan. On observe le couple découvrir la vie aux États-Unis et jouer à la parfaite petite famille tout en luttant pour ne pas être découverts… au risque d’être tués.

On l’aime pour : le fait qu’elle montre un aspect méconnu de la Guerre Froide, le jeu des acteurs tout en finesse, les interrogations des personnages et l’évolution de leur perception de la culture américaine. Et évidemment le fait qu’elle soit aussi en russe.

Bron/The Bridge – Danemark/Suède

Une série à regarder en danois et en suédois.

Le corps d’une femme est retrouvé au milieu d’un pont, à la frontière entre la Suède et le Danemark. Les polices suédoises et danoises sont dépêchées sur les lieux et s’allient pour résoudre le mystère entourant cet assassinat. Tout s’emballe lorsque l’on découvre qu’il ne s’agit pas d’un seul mais de deux cadavres, coupés en deux à la taille, qui ont été assemblés pour n’en faire qu’un…

On l’aime pour : son ambiance noire et captivante, le duo de personnages atypiques que forment les enquêteurs suédois et danois, son scénario extrêmement bien ficelé.

Real Humans – Suède

Une série à regarder en suédois.

Bienvenue dans un univers parallèle où les robots humanoïdes (Hubots) font partie intégrante de la société et semblent être une source de dépendance pour les humains. La société se divise entre ceux qui souhaitent leur intégration et ceux qui s’interrogent sur ces machines surévoluées manifestant des signes d’indépendance et de personnalité propre.

On l’aime pour : son univers sans chichis, à mille lieux de la déferlante d’effets spéciaux à laquelle on pourrait s’attendre. Ici, on parle avec subtilité de xénophobie, d’immigration illégale, de mariage homosexuel et on interroge la nature humaine et ses travers.

Meurtre au pied du volcan – Islande

Une série à regarder en islandais.

Peu après le krach boursier de 2008, un policier enquête sur le meurtre d’un banquier véreux dans une Islande où tout le monde se connaît.

On l’aime pour : ses décors naturels incroyables et parce que les programmes en islandais sont rares.

House of Cards – USA

Une série à regarder en anglais américain.

Frank Underwood est un homme politique rusé et à la morale discutable ; aidé par sa machiavélique épouse, il est prêt à tout pour conquérir le poste de président des États-Unis.

On l’aime pour : son couple de héros que l’on admire autant qu’on le déteste pour son cynisme et sa soif de pouvoir sans fin, et sa manière de montrer les arcanes de la politique américaine.

Sherlock – Royaume-Uni

Une série à regarder en anglais britannique.

Les aventures de Sherlock Holmes et de son acolyte, le docteur Watson, sont transposées à l’époque contemporaine.

On l’aime pour : ses dialogues savoureux teintés d’humour so british à la fois pince sans rire et plein de sous-entendus, l’alchimie entre les acteurs.

1992, plongée dans la mafia italienne – Italie

Une série à regarder en italien.

La série italienne plonge le spectateur dans l’année 1992, année durant laquelle le procureur de la ville de Milan lance l’opération « Mains Propres ». Cette dernière a pour objectif de mettre un terme à la corruption généralisée orchestrée conjointement par les hommes politiques et les chefs d’entreprise. Publicitaires, députés, ministres, industriels… Personne n’est épargné.

On l’aime pour : son rythme, le fait qu’elle soit extrêmement bien documentée, qu’elle revienne avec brio sur un épisode réel de l’histoire italienne qui a profondément ébranlé le pays. Elle est portée par de bons acteurs, à commencer par l’excellent Stefano Accorsi.

Avenida Brasil – Brésil

Une série à regarder en portugais du Brésil.

On suit l’histoire d’une talentueuse cuisinière, Nina. Cette dernière vient au Brésil pour se venger de Carminha, sa belle-mère qui l’avait abandonnée dans une décharge publique lorsqu’elle était enfant. Pour parvenir à ses fins, Nina se fait engager comme cuisinière chez Carminha en dissimulant sa véritable identité.

On l’aime pour : son intrigue bien ficelée et ses rebondissements (qui ont captivé 38 millions de téléspectateurs dont la présidente Dilma Rousseff), le jeu des acteurs, la passion, la trahison, l’appât du gain, c’est-à-dire les ingrédients idéaux pour une telenovela réussie.

Atelier – Japon

Une série à regarder en japonais.

Tokita Mayuko est une jeune diplômée d’école de mode qui débarque à Tokyo pour faire son apprentissage à la boutique de lingerie sur mesure Emotion, dirigée par sa présidente charismatique, Mayumi Nanjō.

On l’aime pour : son atmosphère très raffinée et pleine d’humour, son côté shojo assumé, son sujet qui montre l’obsession des Japonais pour la mode.

L’attaque des Titans – Japon

Une série à regarder en japonais.

Cette série d’animation plonge le spectateur dans un univers où l’humanité vit recluse au sein d’une cité-forteresse afin de se protéger des Titans, des créatures gigantesques qui s’emploient à décimer les humains. La série raconte le combat mené par l’humanité pour reconquérir son territoire et suit l’histoire de Eren Jäger, qui rêve d’entrer dans le corps d’élite chargé de découvrir l’origine des Titans et les détruire jusqu’au dernier depuis le jour où ils ont assassiné sa mère.

On l’aime pour : ses graphismes de qualité, les différents niveaux de lecture de l’histoire et la liberté d’interprétation qu’elle offre, son univers néo-médiéval et ses personnages tout en nuances.

Si vous n’aimez pas regarder des séries en VO, les films et les documentaires constituent également une solution intéressante. L’idée est de s’abreuver de contenus sous différentes formes afin de développer sa compréhension et d’enrichir son vocabulaire. À compléter avec de la lecture, du chant et de la pratique orale.

 

Assimil vous accompagne

Anglais, allemand, italien, espagnol, japonais, chinois : Assimil vous propose une large sélection de méthodes de langues. Trouvez la langue de votre choix et débutez votre apprentissage sans attendre.

Commentaires

Par Michel BELLON le 01/02/16 à 16h52

Bonjour,

À très juste titre, une belle publicité est faite aux séries islandaises dans les deux dernières entrées de ce bloc-notes. Hraunið (littéralement, « Le champ de lave »), récemment diffusé sous le titre français de « Meurtre au pied du volcan » est en effet un excellent divertissement. On aurait pu y ajouter Hamarinn (« Le marteau », connu sous le nom de « La falaise »), ou une série qui vient de débuter à la télévision islandaise et sera très bientôt visible sur France 2, Ófærð (« Pris au piège », ou « Le tueur est parmi nous »), mais malheureusement peut-être pas en VO sur cette chaîne…

Certes, les programmes en islandais ne sont pas très fréquents, mais la petite Islande a produit ces dernières années quelques films remarquables, comme Börn náttúrunnar (Les enfants de la nature), 101 Reykjavík, Hafið (La mer) ou encore Órói (Tumulte).
Il faut rendre hommage en particulier à ARTE, qui a fait connaître plusieurs de ces œuvres, et dans la langue originale.

Il me semble qu’avec ça, Assimil n’a plus aucune excuse pour ne pas publier au plus vite un Islandais ! 😀

Bon après-midi,
Michel.

Par Chris Keller-Kostakiotis le 02/02/16 à 0h44

La première méthode francophone d’islandais éditée chez ASSIMIL, ça serait tellement bien !
Mais ça relève de l’utopie…

Pour apprendre l’islandais, il faut se faire une raison et s’orienter exclusivement vers les méthodes anglophones et germanophones (qui elles ne manquent pas…)

Par Pascal le 02/02/16 à 18h13

Rien pour l’allemand? J’aimerais bien des séries de l’Allemagne, Autriche et Suisse.

    Par Éditions Assimil le 03/02/16 à 9h52

    Dans un prochain post, pourquoi pas ?

Par anouchka le 03/02/16 à 15h28

@Pascal : une série allemande assez efficace diffusée sur ARTE (faites une recherche sur le site de la chaîne) il y a qq mois :
« Face au crime »
[Synopsis : D’un village d’Ukraine aux bas-fonds de Berlin, des policiers en quête d’identité affrontent la mafia russe.]

Par Michel BELLON le 03/02/16 à 15h53

Bonjour Pascal,

Pour l’allemand à la télévision, la « voie royale » c’est bien sûr encore une fois la franco-allemande ARTE. En sa qualité de chaîne binationale, elle diffuse, en version originale sous-titrée, ou doublés en français, au choix, beaucoup de séries et téléfilms provenant des pays germanophones, et certains d’une grande qualité.

Pour répondre à ta question, je citerai avant tout Tatort (littéralement, « Le lieu de l’action », connue sous le même titre, ou sous le titre français de « Sur les lieux du crime »), puisqu’il s’agit d’une série coproduite par l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse, et depuis plus de 40 ans ! Chez nous, tous les épisodes n’ont pas été diffusés.

Au chapitre des téléfilms, parmi ceux que l’on a pu voir au cours des deux dernières années, je mentionnerai deux chefs-d’œuvre :
– Die Wand (« Le mur », diffusé comme « Le mur invisible »), magnifique fable philosophique et fantastique à l’atmosphère envoûtante, d’après le roman de l’Autrichienne Marlen Haushofer, écrivaine très injustement méconnue en France.
– Der Turm (« La tour »), à l’intérêt historique et sociologique majeur, qui nous fait partager les états d’âme, les interrogations et les tourments des membres d’une famille de la classe aisée est-allemande pendant la décennie qui s’achève par la réunification. C’est là encore la mise en images d’un roman, écrit par Uwe Tellkamp, qui a connu outre-Rhin un succès aussi grand que mérité.

Bon après-midi,
Michel.

Par Michel BELLON le 03/02/16 à 16h49

Bonjour Chris,

Pour être tout à fait exact, il y a déjà quelques livres en français consacrés à l’islandais. Mais tu as raison, car il n’y a plus de vrai cours méthodique dans notre langue depuis que n’est plus disponible le « Manuel d’islandais » de Magnús Pétursson et Emil Eyjólfsson, qui est d’ailleurs la traduction de l’ouvrage du seul Pétursson publié en allemand sous le titre de « Lehrbuch der isländischen Sprache », lui toujours disponible, et avec un CD d’enregistrement qui manquait cruellement à la version française. Pour un bon manuel, donc, il faut se reporter aux publications anglaises, allemandes, ou islandaises pour étrangers, en attendant qu’Assimil « se bouge » enfin ! 😉

Sinon, nous disposons aussi chez nous de :
– « Parlons islandais » de Solveig Bjarnason, avec CD, qui n’est, selon la formule de la série « Parlons », qu’une initiation à la langue et à la culture et pas un véritable cours.
– la série de cédéroms d’Eurotalk (plusieurs niveaux, dont un volume sur l’islandais des affaires !) qui n’a malheureusement qu’une très faible valeur pédagogique, à mon humble avis.
– « Islandais express », de Kristin Jónsdóttir, aux Éditions du Dauphin, guide de conversation agrémenté de notes sur la grammaire et la vie quotidienne en Islande.
– « Vocabulaire islandais » de Steinunn Le Breton-Filippusdóttir et Jean Renaud, très utile petit ouvrage des éditions Ophrys dans la série Le mot et l’idée.
– et à tout seigneur, tout honneur, le meilleur pour la fin, avec « L’islandais de poche » chez Assimil !
Je passe sous silence le « Vocabulaire islandais » de Thomas Koziara, qui a commis une série de listes de mots sans grand intérêt dans une bonne quarantaine de langues, ainsi que les livres de Gilad Soffer vocabulaire, expressions, exercices), qui ne valent pas beaucoup mieux…

Bonne fin de journée,
Michel.

Par Chris Keller-Kostakiotis le 03/02/16 à 21h22

Bonsoir et merci pour ces informations.

Néanmoins, je possède déjà tous ces ouvrages francophones sur la langue islandaise, y compris le manuel d’islandais (épuisé) de Magnús Pétursson que je trouve difficile d’accès pour un complet débutant et assez universitaire dans sa présentation.

Mes ouvrages phares pour étudier l’islandais sont:
« Colloquial Icelandic » nouvelle édition 2015 (Roudledge) et « Teach yourself Complete Icelandic » (Hodder).

Le meilleur ouvrage est sans doute « Learning Icelandic » de Auður Einarsdóttir et Sigríður Þorvaldsdóttir (éditions Mál og menning, Reykjavík 2001).

Ce cours est spécialement conçu pour les étrangers qui s’installent en Islande.

Il comporte deux fascicules:

– Un livre de cours avec CD audio + lexique anglais/islandais.
– Un livre d’exercices.

Malgré tout, l’islandais reste une langue germanique difficile à apprendre avec une grammaire et une phonétique particulièrement complexe…

Par Michel BELLON le 04/02/16 à 0h25

Bonsoir Chris,

Je suis dans l’ensemble d’accord avec toi pour ce qui est des livres consacrés à la langue islandaises.
J’ai aussi tous ceux que tu mentionnes, et en ce qui concerne les cours pour étrangers, si j’aime bien le manuel d’Einarsdóttir et Þorvaldsdóttir, je trouve très bien fait le cours « Icelandic in Easy Stages » de Einar Pálsson. Je viens de vérifier, et malheureusement il n’a pas été réédité récemment. Il est possible toutefois de le trouver chez Amazon, mais à un prix assez élevé.

En parlant de cours plutôt universitaires, la référence absolue, et ce depuis plus de 70 ans maintenant, reste le monument de Stefán Einarsson « Icelandic. Grammar, Texts, Glossary ». Souvent réédité depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce livre est un véritable régal pour les amateurs de grammaire (dont je suis…), même si les textes et le vocabulaire reflètent une image de l’Islande traditionnelle d’avant l’ère urbaine et conviennent mieux à ceux qui veulent se plonger dans l’islandais de la littérature (moderne ou plus ancienne) qu’à ceux qui comptent discuter de sujets du quotidien dans les rues de Reykjavik. Mais la présentation de la phonétique de la langue est exhaustive, et la prononciation de tous les mots est indiquée dans l’abondant glossaire qui clôt l’ouvrage. La grammaire était, à l’époque de la première édition, la plus complète de celles jamais écrites sur l’islandais. Ce livre est donc précieux à tous points de vue.
D’ailleurs, l’Institut Linguaphone en a jadis enregistré 4 textes, et l’ouvrage a donc aussi servi de matériel pour le cours d’islandais de cette célèbre institution. J’étais parvenu à me procurer ces enregistrements peu après avoir acheté le manuel, au tout début des années 70, et c’est ainsi que j’avais pour la première fois découvert avec grand enthousiasme les sonorités de l’islandais.

Pour le Colloquial et le Teach Yourself, j’ai la même opinion positive que pour la plupart des cours de ces deux séries. Attention toutefois pour le Teach Yourself, car si la version la plus récente, celle de Hildur Jónsdóttir, est excellente, il n’en va pas de même pour la version précédente et beaucoup plus ancienne de Glendening, toujours disponible, qui, bien que d’aspect général agréable, présente un certains nombres d’approximations et inexactitudes prêtant à confusion, en particulier dans l’étude des déclinaisons.

Pour finir, je dirai que je ne trouve pas pour ma part que la prononciation de l’islandais soit très difficile pour un francophone, même si je ne prétends pas non plus qu’elle est très facile. 😉 Tout d’abord, contrairement au suédois et au norvégien, l’islandais ne possède pas de tons. La plupart des consonnes qui lui sont spécifiques peuvent être acquises sans trop de difficulté : /p/, /t/ et /k/ préaspirés, /l/, /m/, /n/ et /r/ sourds, interdentales ð et þ (communes en anglais, espagnol, grec moderne…). Quant aux voyelles et diphtongues, elles sont en majorité connues en français, et celles qui ne le sont pas ont un équivalent en anglais.
Le système orthographique de la langue, enfin, est assez régulier, en dépit des apparences, mais présente toutefois un point épineux, celui de la notation des voyelles brèves et longues (très importantes comme dans la plupart des langues germaniques), car la quantité de ces voyelles dépend surtout de leur position et entourage, et pas des accents écrits, contrairement à ce qu’on pourrait croire. Ainsi la lettre í ne représente pas un « i long », de même que la lettre i ne représente pas un « i bref », mais chaque lettre note un son différent, qui existe sous les deux variantes brève et longue. Remarquons au passage que les lettres y et ý se prononcent en islandais exactement comme ces i et í, alors que dans les autres langues scandinaves et en allemand, y a une prononciation bien distincte de celle de i.

Bonne soirée,
Michel.

Par Jean BONNET le 13/04/16 à 9h22

Et moi qui espérait progresser spectaculairement en … espagnol !

Par Jean BONNET le 13/04/16 à 9h23

Et moi qui espérais progresser spectaculairement en … espagnol !

Par Maryse DUPIRE le 25/05/16 à 13h42

Merci beaucoup Michel Bellon pour tous ces renseignements sur les méthodes d’apprentissage de la langue islandaise. Je les cherche depuis un moment, et je vais pouvoir m’y référer. Je préférerai un apprentissage en direct, mais n’en trouve pas vraiment. Avez-vous touché aux autres langues scandinaves?

Par Michel BELLON le 05/06/16 à 21h55

Bonoir Marie,

J’essaye vainement, depuis plus d’une semaine, de te donner des informations complémentaires en réponse à ton commentaire ci-dessus, mais, malgré de nombreuses tentatives, je ne parviens pas à faire passer mon message.

Assimil m’a confirmé par ailleurs qu’il y avait un problème technique, qui reste pour moi assez incompréhensible. Mais j’espère qu’il sera bientôt résolu et que je pourrai bientôt te répondre.

Bonne soirée,
Michel.

Par Michel BELLON le 05/06/16 à 22h09

Bonsoir Maryse,

Je peux enfin t’envoyer la réponse que j’avais préparée dès le vendredi 27/5 !
Le « problème technique » semble maintenant résolu : à la réflexion, il m’a semblé qu’il pouvait venir des trois liens Internet que je donne dans le texte du message ci-dessous. Je les ai donc mis entre crochets […].

============
En complément des livres indiqués, tu peux aussi utiliser quelques sites Internet intéressants.
– pour la grammaire : [islenzka.is]
On peut y vérifier les différentes formes de déclinaisons et conjugaisons, et aussi faire quelques exercices.
– pour un bon cours général, « Íslenska fyrir alla » (L’islandais pour tous) : [tungumalatorg.is/ifa]
Je ne le mentionne habituellement pas parce qu’il est intégralement en islandais, donc peut-être moins facile pour les débutants, surtout ceux qui ne sont pas habitués à étudier directement dans la langue-cible (c’est pourtant un moyen excellent et très profitable, quelle que soit la langue, même si l’approche est un peu plus ardue en général). Cependant, la progression est claire, et il est tout à fait possible de l’utiliser avec un dictionnaire. On peut aussi en tirer profit parallèlement à un autre cours.
– et surtout, le meilleur pour la fin, et toujours en islandais, le cours par vidéo « Viltu læra íslensku? » (Veux-tu apprendre l’islandais ?), avec scènes de la vie quotidienne en situation, suivies d’explications du matériau linguistique étudié dans chacune des unités, données en classe à des élèves. L’adresse de ce site est [tungumalatorg.is/viltu_laera_islensku]

Enfin, pour répondre à ta question, j’ai en effet étudié les autres langues scandinaves. Je me suis surtout consacré au norvégien (principalement au bokmål, bien que je préfère le nynorsk, plus « authentique » et en tout cas grammaticalement plus intéressant, de mon point de vue), un peu moins au danois et au suédois, et assez peu au féroïen, qui est une langue pourtant aussi intéressante que l’islandais. Mais puisque j’ai désormais un peu plus de temps, j’ai la ferme intention d’essayer de rafraîchir et renforcer mes connaissances dans ce domaine ! 😉

Bonne soirée,
Michel.

Par Michel BELLON le 05/06/16 à 22h18

Rebonsoir Maryse,

Mon intuition était le bonne, et je vois que mon message est maintenant enfin passé.
Et désolé de t’avoir appelée par étourderie Marie dans celui de 21 h 55…

Bonne soirée, et bonne semaine,
Michel.

Par Berkat Hakim le 18/12/17 à 0h42

Bonsoir Mr Bellon,
Je vous écris car souçieux d’apprendre sérieusement l’islandais, je tenais à avoir votre opinion sur La méthode que vous pourriez suggérer au final pour apprendre et comprendre ; une seule ou plusieurs ? Je peux avoir accès à toutes les méthodes citées précédemment mais j’ai peur de me perdre entre tous ces manuels.
La ou lesquelles utiliser ?
Merci d’avance pour votre aide précieuse !!
Cdt

Par Berkat Hakim le 19/12/17 à 8h53

Bonjour Michel Bellon,
J’ai lu attentivement vos remarques concernant les différentes méthodes mais j’avoue que toutes celles évoquées semblent avoir leur avantages !
Hors considération financière et disponibilité, avec votre expérience, la ou lesquelles seraient pour vous idéales pour un apprentissage sérieux ? En tous cas, vous prendriez lesquelles ?
Merci d’avance pour votre aide !!!
Cdt
Berkat Hakim

Par Michel BELLON le 19/12/17 à 13h36

Bonjour Berkat,

Je suis d’accord avec toi pour dire que les différente livres sur l’islandais à disposition sont complémentaires, et qu’il est possible d’en tirer avantage en travaillant sur l’un ou l’autre, parallèlement ou successivement.

Tu sembles vouloir étudier la langue sérieusement. Elle n’est pas très simple, mais ce n’est cependant pas à mon avis la plus difficile à apprendre pour un francophone.
Si tu n’as aucune connaissance de l’islandais pour l’instant, alors je te recommande de commencer par une méthode qui n’était pas citée dans mes précédents messages, puisqu’elle est très récente : il s’agit de « Apprendre l’islandais », paru dans la nouvelle collection d’Assimil. Avec ce livre, tu acquerras à coup sûr les bases utiles de la langue parlée aujourd’hui en Islande.
Ensuite, arrivé à environ la moitié du livre, et si tu sens que tu en maîtrises bien tout le contenu, je pense que tu pourrais passer au « Colloquial Icelandic » de Daisy Neijmann, dans la fameuse série de Routledge. Tu pourras continuer à travailler sur « Apprendre l’islandais » en même temps.
Si par contre tu as déjà des connaissances élémentaires de la langue, tu peux aussi directement commencer par « Colloquial Icelandic », mais je pense que « Apprendre l’islandais », même dans ce cas, est tout à fait intéressant.
Enfin, si tu souhaites ensuite poursuivre une étude plus approfondie de la langue, il faut que tu essayes de te procurer l’ouvrage de Stefán Einarsson, « Icelandic. Grammar, Texts, Glossary ».
Tu peux aussi, après avoir étudié les (deux) premières méthodes, passer à la lecture de textes en islandais sur Internet. Le principal quotidien du pays s’appelle Morgunblaðið (« Le Journal du matin ») que tu peux consulter sur le site [www.mbl.is].
Et en dépit de tout ce qui peut être dit, la lecture des innombrables pages de Wikipédia me paraît tout à fait recommandable : même si les textes diffèrent le plus souvent d’une langue à l’autre, tu tireras un grand profit de la comparaison entre deux ou plusieurs versions. Tu pourras par exemple, en lisant les pages en islandais consacrées à l’Islande, à Reykjavik, à Halldór Laxness, aux sagas… après avoir consulté celles qui leur correspondent en français, anglais ou toute autre langue que tu connais, apprendre beaucoup de vocabulaire, pratiquer des constructions grammaticales simples ou plus complexes, et surtout t’habituer à aborder la langue de façon directe.

Bonne journée,
Michel.

Par Berkat Hakim le 14/01/18 à 1h51

Bonsoir Michel,
Merci pour toutes ces précisions !
Je compte me prendre Assimil Apprendre l’Islandais A2 ; savez vous si la suite (B2) est envisageable et/ou envisagée ? et si oui, pour quand ?
Cela serait vraiment dommage qu’Assimila n’aille pas au bout de la démarche.
Merci d’avance !!!
Amicalement
Berkat Hakim

Par Michel BELLON le 14/01/18 à 13h37

Bonjour Berkat,

Je n’ai pas d’informations particulières sur les prochaines publications envisagées par Assimil. Je suis comme toi un simple « utilisateur », fidèle à la marque depuis maintenant une cinquantaine d’années.
Malheureusement, il ne me semble pas qu’Assimil ait pour le moment la possibilité ni l’intention de publier une méthode d’islandais dans la collection Sans peine. La question a été souvent posée, par différents intervenants sur ce bloc-notes, et la réponse a toujours été négative, en raison notamment du « marché » qui ne serait pas suffisant pour cette langue. Je suis tout à fait d’accord avec toi : c’est vraiment dommage.
Souvenons-nous toutefois qu’il était à peu près certain, il y a encore quelques mois, qu’aucune méthode d’islandais ne serait proposée par Assimil. Le seule référence pour cette langue paraissait devoir rester le « Guide de conversation islandais ». Eh bien malgré cela, nous avons eu la surprise de voir arriver au catalogue « Apprendre l’islandais » ! L’éditeur, d’ailleurs, a plus d’une fois par le passé publié des ouvrages consacrés à des langues « improbables ». Par conséquent, on peut continuer à espérer…

Bonne journée,
Michel.

Par Chris K. le 15/01/18 à 23h16

Bonsoir,

Le livre « Apprendre l’islandais » est peut-être un test qui servira de tremplin pour concevoir un « sans peine » d’islandais (niveau B2) si les ventes de l’ouvrage « Apprendre l’islandais » sont satisfaisantes.
Du moins, espérons…

En juillet 2018, la collection britannique « Teach Yourself » va publier une méthode inédite de vieux norrois (ou vieil islandais):
« Teach Yourself Old Norse ».
J’ai hâte de me procurer cet ouvrage…

Par Michel BELLON le 16/01/18 à 16h27

Bonjour Chris,

Teach Yourself est assez coutumier du fait. Cette maison d’édition a déjà publié plusieurs méthodes consacrées à des langues anciennes ou mortes, et le vieux norrois vient s’insérer dans la collection après, entre autres, l’akkadien babylonien, l’hébreu biblique ou le vieil anglais. Pour l’avenir, des volumes consacrés à l’araméen et au gotique sont aussi prévus.
Un exemple à suivre pour Assimil. 🙂

Bon après-midi,
Michel.

Par Chris K. le 16/01/18 à 18h44

Bonsoir Michel,

Notons toutefois que le « Teach Yourself Sanskrit » est un peu comme le sanskrit « sans peine » d’ASSIMIL;
Ces deux ouvrages sont ardus et vont vite dans la difficulté, ils
sont difficilement accessibles aux profanes et complets débutants.
Il faut déjà un certain « bagage » pour aborder ces méthodes…

Je pense que le sanskrit d’ASSIMIL aurait du être scindé en deux tomes, vu la complexité de cette langue ancienne.

Pour la collection britannique « Teach Yourself », il est dommage qu’ils aient occulté le slovaque, l’albanais, et le macédonien et qu’ils aient supprimé le slovène de leur catalogue.

Par Berkat Hakim le 24/01/18 à 1h06

Bonsoir,
Petite questions pour Michel,
quelles ont été vos ouvrages/méthodes quant à l’apprentissage du Bokmal ?
Sur pas mal de forum, la méthode assimilé a plutôt bonne presse mais également l’ouvrage de Jean Renaud : le norvégien en vingt leçons. Avez vous un avis sur ces 2 ouvrages + cd ?
Pourriez vous me dire comment vous avez « appris », au final ?
Merci beaucoup !

Et merci Chris K, pour l’information concernant le Teach yourself Old Norse !!!

Par Michel BELLON le 24/01/18 à 12h27

Bonjour Berkat,

Voici mon opinion concernant les méthodes de norvégien que tu cites.

En premier lieu, je te recommande bien sûr le Norvégien d’Assimil, que je considère comme l’une des plus belles réussites de la collection Sans peine. Il faut seulement espérer qu’il sera un peu remis à jour, ou au moins « rafraîchi » lors d’une réédition prochaine sous la nouvelle maquette.

Le Norvégien en 20 leçons est aussi un très bon livre, avec un côté scolaire plaisant dans la mesure où il raconte la vie quotidienne d’un jeune étudiant français à Trondheim et de ses amis norvégiens. Ainsi, à l’instar de beaucoup de manuels utilisés dans les collèges, il enseigne la langue au fil d’une histoire suivie, qui prend (provisoirement) vers la fin un tour légèrement fantastique.
Je fais au passage une petite digression : Ophrys, l’éditeur du Norvégien en 20 leçons, propose deux autres volumes sur le même modèle, consacrés respectivement au suédois et au danois, ainsi que des vocabulaires pour les trois langues, inspirés de sa fameuse collection « Le mot et l’idée » (pour le suédois, il y a même un livre d’exercices en complément de ce vocabulaire) ; mais s’il était prévu à un moment qu’un volume d’enseignement de l’islandais soit également publié, il semble que ce projet tarde beaucoup à être réalisé, et seul le vocabulaire islandais est à ce jour disponible.

Voilà pour les principaux ouvrages en français. Cela dit, j’ai commencé l’étude du norvégien il y a longtemps, et je me suis servi pour cela de plusieurs autres livres, dont les versions successives des Teach Yourself et Colloquial anglais. Mais j’ai travaillé avant tout sur un certain nombre de méthodes publiées en Norvège à destination des étrangers, comme par exemple la série Norsk for utlendinger (Le norvégien pour étrangers) d’Åse-Berit et Rolf Strandskogen, qu’il est encore possible de se procurer sur Internet. Ce cours, qui compte plusieurs volumes, dont une grammaire et un recueil de textes de lecture, possède à mon avis un avantage non négligeable : il est entièrement en norvégien, ce qui oblige l’apprenant à faire plus d’efforts au départ (surtout s’il travaille seul), mais permet aux structures de la langue de se fixer de manière plus solide dans son esprit.
Je te conseille par ailleurs le Norwegian English Dictionary d’Einar Haugen, un peu ancien malgré différentes mises à jour, mais extrêmement utile pour les indications complètes qu’il donne sur les tons.
Enfin, comme pour l’étude de toute langue, il me semble indispensable d’essayer, dès le départ, de pratiquer le plus possible, ne serait-ce qu’en lisant des pages en norvégien sur Internet, ou en écoutant la radio : va voir le site [www.nrk.no] sur lequel, malheureusement, il n’est pas possible de voir la télévision en direct quand on se trouve à l’étranger, mais on peut en revanche écouter de nombreuses chaînes de radio (dont une en same, ce qui intéressera probablement Chris 🙂 ). Plusieurs groupes de discussions existent aussi sur Internet, et tu pourras y communiquer à la fois avec d’autres apprenants (il est toujours très profitable de partager son expérience d’étude et de discuter des difficultés qu’on peut rencontrer), et avec des locuteurs natifs de la langue qui au besoin se feront un plaisir de répondre à tes questions.

Je terminerai en précisant que je m’intéresse personnellement plus au nynorsk (et en particulier à sa variante « høgnorsk ») qu’au bokmål, bien qu’il soit d’un usage moins répandu, car sa grammaire, qui le rapproche plus du suédois que du danois, présente des particularités morphologiques qui le différencient des autres langues scandinaves continentales.

Bonne journée,
Michel.

Par Chris K. le 24/01/18 à 19h53

Bonsoir Michel,

Effectivement la méthode ASSIMIL de norvégien est excellente, mais devrait quand même être réactualisée une fois publiée avec la nouvelle ligne graphique.

La quasi totalité des méthodes de norvégien enseignent le bokmål, mais est-ce qu’il existe des méthodes d’apprentissage uniquement axées sur le nynorsk ?

Par Michel BELLON le 25/01/18 à 0h30

Bonsoir Chris,

Je n’ai pas cité tous les ouvrages d’apprentissage du norvégien que je possède, d’autant que Berkat est intéressé par le bokmål, qui domine largement dans ce domaine, comme tu l’écris.
À ma connaissance, il n’existe pas de méthode de nynorsk publiée à l’extérieur de la Norvège. Celles que j’évoquais dans mon précédent message ne mentionnent même pas cette langue. D’autres ne donnent au mieux que quelques indications sur le nynorsk. Mais le Praktisches Lehrbuch Norwegisch de Kjell Bjørnskau publié chez Langenscheidts, consacre, au moins dans ses éditions les plus anciennes (la mienne date déjà de 1980) deux ou trois leçons au nynorsk.

C’est donc en Norvège qu’il faut chercher du matériel d’étude du nynorsk, dont voici une brève et très subjective sélection :
Parmi les ouvrages scolaires dont on peut tirer un bon profit après avoir acquis des connaissances suffisantes en bokmål (par exemple, après l’étude complète du Norvégien d’Assimil), j’aime bien Nynorsk på 1-2-3 d’Anne Kristin Dahl, qui n’est pas une méthode à proprement parler, mais une petite grammaire accompagnée d’exercices corrigés. Ce livre me plaît pour sa présentation claire et moderne et parce que chaque chapitre est introduit par un petit texte d’Are Kalvø, écrivain satirique connu en Norvège, qui prouve qu’on peut faire de l’humour avec la grammaire !
Le cours Nye Kontekst 8-10 consiste en une série de livres écrits par plusieurs auteurs et nécessite également de bonnes connaissances de base de la langue, car il s’adresse, comme son nom l’indique, aux élèves de la 8ème à la 10ème classe du système éducatif norvégien.
Nynorsk som sidemål, de Bjørn Karlsen et Pål Olav Røstad, est lui aussi un ouvrage scolaire, agréable et intéressant, mais il présente la langue de façon beaucoup plus compacte que le précédent.
Plus amusant, bien que tout aussi sérieux, Nynorsk for dumskallar reprend plus ou moins la formule (et en tout cas le titre) de la série « … pour les nuls » dans le but de démontrer la simplicité du nynorsk, dont beaucoup de locuteurs exclusifs du bokmål se font une idée fausse.
Enfin, avec Norsk no! de Jorunn Fjeld et Gölin Kaurin Nilsen (niveau A1-A2) et Klart det! de Gölin Kaurin Nilsen (niveau B1-B2), on a de vraies méthodes de nynorsk, destinées aux étrangers. Elles sont intégralement en norvégien, mais ce sont celles qui conviennent le mieux, dans l’état actuel des choses, pour une bonne initiation à la langue.

Bonne fin de soirée,
Michel.

Par Berkat Hakim le 01/02/18 à 23h15

Bonsoir messieurs,
pour le nynorsk, il y a également les ouvrages suivants :

– Praktisk nynorsk
– Nynorsk grammatik
– Nynorsk for studentar

A mon niveau j’ai débuté Pimsleur Norwegian et Assimil le Norvégien sans peine ; et viens de recevoir le Norvégien en 20 leçons + le cd et je vois déjà les résultats concrets 🙂
Pour l’Assimil, savez vous si des exercices complémentaires seraient disponibles en fonction des leçons parcourues, en plus de ceux présents ? je trouve qu’il n’y en a pas assez pour intégrer pleinement les raisonnements.
Merci d’avance pour votre aide !
Et c’est un plaisir de vous lire car j’apprécie grandement les échanges au vu de vos expériences passées.
Bonne soirée
Hakim Berkat

Par Michel BELLON le 02/02/18 à 23h39

Bonsoir Berkat,

Merci pour cette information. Je ne connais que le premier des trois livres que tu mentionnes, s’il s’agit bien de celui écrit par Olaf Almenningen et Aud Søyland et dont le titre exact est « Praktisk nynorsk for lærarstudentar ». Si c’est bien le cas, peut-être alors est-ce le même ouvrage que le troisième que tu cites ?
Quant à la « Nynorsk grammatik », il en existe plusieurs, dont je crois d’ailleurs beaucoup sont épuisées. Celle que je recommanderais volontiers est la « Nynorsk grammatikk for minoritetsspråklege » de Birgitte Fondevik Grimstad et Hilde Osdal, qui comprend un assez grand nombre d’exercices avec corrigés.

Je suis tout à fait du même avis que toi concernant les exercices. Ceux que l’on trouve dans les méthodes Assimil ne permettent pas de véritablement mettre en pratique les outils grammaticaux enseignés car ils sont de nature passive. On demande à l’apprenant soit de traduire en français de courtes phrases (qui ne constituent pas une histoire suivie, à la différence du texte), soit de rajouter des mots manquants dans d’autres, ce qui ne demande pas forcément beaucoup d’efforts, d’autant que le nombre de lettres de chaque mot est indiqué. Mais il n’y a pas d’exercices de nature active qui permettraient de s’entraîner à la création de phrases originales et nécessiteraient donc une réflexion plus approfondie. La traduction du français vers la langue apprise, caractérise de la « seconde vague », reste fondamentalement aussi un exercice d’imitation.
Les cahiers d’exercices sont un complément très utile, mais ils n’existent pour le moment que pour assez peu de langues, et j’ai bien peur qu’aucune publication consacrée au norvégien ne soit dans les projets immédiats…

Bonne soirée,
Michel.

Par Chris K. le 03/02/18 à 0h39

Bonsoir,

Est-ce qu’il y a des grammairiens sur ce blog qui peuvent m’expliquer de façon brève et précise la différence entre les termes « syntaxe » et « morphologie » ?

Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris la différence…

Par Michel BELLON le 03/02/18 à 3h20

Bonsoir Chris,

C’est beaucoup plus simple que tu ne le penses peut-être, et ta parfaite connaissance du grec ne peut que t’aider à comprendre de quoi il retourne !
La morphologie, c’est l’ÉTUDE (λόγος) des différentes FORMEs (μορφή) que peut prendre un mot. Ainsi, les terminaisons du verbe (temps, modes…) en albanais ou finnois, du nom (cas, nombre…) en serbe ou arabe, de l’adjectif (genre, degré…) en basque ou latin, sont du domaine de la morphologie.
La syntaxe, c’est l’étude de l’ORDRE (τάξη) dans lequel les mots sont placés les uns AVEC (σύν) les autres. La position de l’adjectif par rapport au nom en anglais ou volapük, du verbe par rapport à ses sujet(s) et complément(s) en irlandais ou malgache, des propositions dans la phrase en lituanien ou japonais relève donc de la syntaxe.
En quelque sorte, la morphologie se situe sur un axe vertical et la syntaxe sur un axe horizontal, et c’est le croisement des deux qui constitue l’ossature de la grammaire.
La base est bien là, même si les deux dimensions sont liées et que certains cas recoupent à la fois l’une et l’autre : l’emploi ou non des pronoms personnels sujets en russe ou italien, la construction de la négation verbale en français ou turc.
On peut remarquer aussi que, dans l’ensemble, la morphologie concerne le « mot » et la syntaxe la « phrase » (notions quand même assez imprécises, qui peuvent être très variables selon les langues). Mais on pourrait aussi parler d’une syntaxe à l’intérieur du mot, quand il s’agit par exemple de la place occupée par les affixes qui peuvent en modifier le sens : préfixes AVANT le radical, suffixes APRÈS, infixes À L’INTÉRIEUR et circonfixes DE PART ET D’AUTRE.
Enfin d’autres éléments se rattachent aussi à la grammaire, comme la phonologie, la prosodie, la sémantique…

Bonne fin de soirée,
Michel.

Par Chris K. le 06/02/18 à 22h07

Bonsoir,

Hormis la polémique historique et millénaire un peu ridicule et surtout inutile qui partage actuellement la Grèce et la république de Macédoine, à savoir qui a le droit de porter le nom de « Macédoine » 😂

Μακεδονία vs Македониjа.

D’un point de vue linguistique, il est quasiment impossible de faire admettre à un bulgare que la langue macédonienne est une langue bien distincte, même si cette dernière est très proche du bulgare dans le vocabulaire et la structure (absence de cas de déclinaison, présence d’articles définis postposés, etc…)
En bulgarie on considère toujours le macédonien comme étant (à tort) un simple dialecte du bulgare…
C’est dommage !
En plus de certaines différences lexicales, la langue macédonienne a ses propres lettres cyrilliques qui n’existent pas en bulgare:

ј / ќ / ѓ / љ / њ / џ / ѕ

Et le bulgare a ses lettres cyrilliques qui n’existent pas en macédonien:

й / ю / я / ъ / ь / щ

Par Michel BELLON le 07/02/18 à 3h08

Bonsoir Chris,

Tout à fait d’accord avec toi au sujet de la polémique actuelle sur le nom de la Macédoine. J’ai vu et entendu ces derniers jours un certain nombre de délires grecs à faire désespérer de l’humanité. Mais je ne peux croire que la raison ne finira pas par l’emporter. Après tout, les manifestants qu’on a vus dans les rues d’Athènes pour ce qui me paraît cette fois être une bien mauvaise cause ne sont-ils pas les descendants de philosophes qui ont aujourd’hui encore bien des choses à nous enseigner ?

En ce qui concerne le macédonien, nous avons abordé la question par le passé. On peut notamment relire une partie de la discussion qui a suivi la publication de l’article « Les nouveautés de la rentrée » du 8/8/2013, dans laquelle étaient évoquées notamment les différences entre macédonien et bulgare, que je me suis efforcé de brièvement résumer dans mon message du 27/3/14.

Les trois lettres spécifiques au macédonien sont, dans l’ordre alphabétique de cette langue, ѓ, ѕ et ќ, tandis que ј, љ, њ et џ sont plutôt des emprunts à l’alphabet serbe.

Les sons représentés par ѓ et ќ sont, selon les régions et dialectes, les formes palatalisées de [g] et [k], ou bien de [d] et [t]. Acoustiquement, il est parfois difficile de faire la distinction entre [g’] et [d’] d’une part ou bien [k’] et [t’] de l’autre. D’un point de vue étymologique, ces consonnes palatalisées correspondent à ђ et ћ en serbe, ou đ et ć en croate. Pour le bulgare, la correspondance de ѓ est selon les cas avec жд ou д : веѓа – вежда (sourcil), напаѓач – нападател (agresseur) ; et celle de ќ est avec щ, к ou ч : куќа – къща (maison), домаќинка – домакиня (hôtesse), веќе – вече (déjà).

Il est par ailleurs intéressant de constater que la lettre macédonienne ѕ représente le son sonore [dz] qui, en bulgare, serbe ou croate, serait noté par la combinaison de deux lettres, дз – dz. Il n’y aurait donc apparemment pas de symétrie dans l’alphabet de ces trois dernières langues où le son sourd correspondant, [ts], est bien noté par une lettre unique (ц en bulgare et serbe comme en macédonien, c en croate). Cependant, les apparences sont trompeuses, car en réalité il n’y a pas de phonème /dz/ en bulgare, serbe ou croate, et quand la combinaison de lettres дз – dz se rencontre dans ces langues, elle correspond à deux phonèmes successifs, comme on peut en trouver dans des mots constitués d’un préfixe terminé par /d/ et d’un radical commençant par /z/ : подземие – подземље – podzemlje (sous-sol), надзор – надзор – nadzor (surveillance), etc.
En macédonien au contraire, /dz/ (ѕ) est un phonème, qui correspond le plus souvent à /z/ (з – z) en bulgare, serbe ou croate. On voit ce parallèle dans de nombreux mots, comme par exemple ѕид (mur), ѕвезда (étoile), ѕвони (il sonne), обѕир (considération), dont les équivalents bulgares, serbes et croates sont respectivement зид – зид – zid, звезда – звезда – zvijezda, звъни – звони – zvoni et обзор (signifiant « aperçu » en bulgare) – обзир – obzir.

Bonne fin de soirée,
Michel.

Par Chris K. le 07/02/18 à 12h09

Bonjour Michel,

Merci pour ton message intéressant et détaillé.
Il faut savoir que je ne me rappelle pas toujours des messages que j’ai envoyé sur ce blog il y a plusieurs années (!) car je ne reviens pratiquement jamais en arrière vu le nombre imortant de messages des différents internautes…

Il n’empêche que le peuple bulgare est inflexible sur cette question; en aucun cas ils ne reconnaissent le macédonien comme étant une langue à part entière.
En Bulgarie on part du principe qu’en république de Macédoine, on parle tout simplement un dialecte du bulgare…

Je ne connais pas la position des linguistes du monde entier sur cette question qui semble plus politique que linguistique.

Par Michel BELLON le 08/02/18 à 15h57

Bonjour Chris,

En Bulgarie, il y a en effet une position « officielle » sur le statut du macédonien, celle de l’IBE, Institut de la Langue Bulgare (ИБЕ, Институт за Български Език), section de la BAN, Académie Bulgare des Sciences (БАН, Българска Академия на Науките). Selon cet organisme, il s’agit de l’une des trois « normes littéraires » du bulgare à côté du bulgare de Bulgarie et de celui du Banat. Outre des arguments purement linguistiques, les Bulgares mettent en avant le fait que la notion de langue macédonienne (et même celle de peuple macédonien) n’existait pour ainsi dire pas jusqu’au milieu du XXe siècle, quand la codification et l’officialisation du macédonien eurent lieu en Yougoslavie communiste. Avant cela, c’est le terme de « bulgare » qui s’appliquait à la forme de la langue parlée en Macédoine.

On ne sera pas surpris qu’en Macédoine ce soit la position inverse qui prévale. On y pense même qu’il est plus justifié de parler de « vieux macédonien » (et non pas de « vieux bulgare ») pour désigner la première langue slave écrite après l’invention de l’alphabet glagolitique par Cyrille et Méthode. Réécriture de l’histoire ?… Toujours est-il que cette question a créé des difficultés dans les relations entre la Bulgarie et la Macédoine depuis l’indépendance de cette dernière en 1991, indépendance que Sofia a pourtant été la première capitale à reconnaître !

Dans les pays voisins, si pour la Serbie il ne fait aucun doute que le macédonien est bien une langue distincte du bulgare, on parle en Grèce, comme tu le sais certainement, de « slavo-macédonien » (σλαβομακεδονικά) en déniant toute existence à une langue « macédonienne ». Cette attitude renvoie à celle plus générale envers la Macédoine et son nom, que nous évoquions dans les précédents messages. Linguistiquement parlant, les Grecs considèrent que la seule langue « macédonienne » est celle qui était parlée en Macédoine antique, l’ancien macédonien (αρχαία μακεδονικά), qui était une langue hellénique et non pas slave.

En dehors des Balkans, j’ai l’impression qu’une majorité de linguistes admettent que le macédonien est une « langue », mais il n’existe bien entendu aucune statistique sur le sujet.

Si je peux me permettre d’ajouter pour finir une opinion personnelle qui, pour être celle d’un non-spécialiste, n’est à prendre que pour ce qu’elle vaut, il me semble que le macédonien a tout à fait droit à l’appellation de langue à part entière. Mis à part ses particularités purement linguistiques, qui constituent quand même l’élément le plus déterminant, il a un statut officiel en Macédoine, ainsi qu’en Serbie et en Albanie comme langue minoritaire. Par ailleurs, les arguments politiques ou une partie des objections historiques qu’on oppose à la reconnaissance du macédonien ne me paraissent pas très valables si l’on se souvient que de nombreuses langues, et parmi les plus prestigieuses, s’appuient plus ou moins sur des institutions étatiques, et que les considérations politiques entrent en ligne de compte à une époque ou l’autre de l’histoire de beaucoup d’entre elles.
La réalité d’aujourd’hui est donc pour moi en faveur de la « langue macédonienne », comme pour d’autres, officielles dans les pays issus de l’ex-Yougoslavie, dont nous avons aussi discuté ici.

Bon après-midi,
Michel.

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