Entraînement cérébral : freiner le déclin cognitif en apprenant une langue

Publié le 11/05/2015 par Assimil
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Le déclin cognitif - Assimil

Au fil des années, les facultés de mémorisation, de concentration ou encore la rapidité de traitement des informations diminuent chez la plupart des individus : on parle de déclin cognitif. Un entraînement cérébral régulier permet de freiner ce phénomène et d’entretenir sa vivacité d’esprit malgré l’avancée en âge. Lire, jouer d’un instrument de musique, pratiquer une activité artistique, apprendre une langue : les moyens sont variés pour entretenir son cerveau !

Le déclin cognitif, qu’est-ce que c’est ?

Fréquent avec l’âge, le déclin cognitif touche les hommes comme les femmes à différents degrés en fonction, entre autres, de la manière dont ils ont sollicité leur cerveau au cours de leur vie.

Signes annonciateurs

Plus ou moins perceptibles suivant les personnes, les premiers signes du déclin cognitif se manifestent à 45 ans en moyenne. Lent mais continu, le processus n’est souvent pas perçu immédiatement et entraîne une baisse de la mémoire à court terme, de la mémoire de travail et des fonctions exécutives. Ce déclin des facultés cérébrales se traduit souvent par des oublis temporaires, une difficulté à se concentrer, à calculer mentalement et à rédiger ou encore par un repli sur soi.

Déclin cognitif et expérience

Heureusement, le déclin cognitif est contrebalancé par l’expérience, un stock de connaissances, de compétences et d’informations stockées dans la mémoire à long terme, au sein de laquelle chacun puise pour effectuer les tâches professionnelles et les activités du quotidien sans difficulté. Les difficultés se situent plutôt hors du champ de nos compétences respectives, lorsqu’il s’agit par exemple d’effectuer un calcul mental, de retrouver une date d’anniversaire ou de se souvenir d’un nom ou d’une adresse.

Les facteurs accélérant le déclin

S’ils ne sont pas entièrement responsables du déclin des capacités cérébrales, certains éléments accélèrent le phénomène. Le stress chronique, le manque de stimulation cognitive ou d’entraînement cérébral, l’isolement social, une mauvaise alimentation, l’alcool, le tabac, les stupéfiants ou encore certains médicaments sont autant d’éléments favorisant le déclin si leur quantité et leur fréquence sont élevées.

Les facteurs génétiques et environnementaux doivent également être pris en considération.

L’entraînement cérébral, remède ludique et efficace

Si aucun remède médical n’existe à ce jour pour éradiquer le déclin des facultés cérébrales, il est tout de même possible de freiner sa progression grâce à un entraînement cérébral constant.

En plus d’un exercice physique régulier, d’une alimentation variée et de relations sociales fréquentes, les capacités cognitives peuvent être maintenues en pratiquant une activité artistique ou culturelle qui requiert l’assimilation constante de nouvelles connaissances.

Toutefois, l’apprentissage reste la meilleure activité pour stimuler la cognition, car apprendre confronte la personne à la nouveauté, à la réflexion et à la difficulté. Pour apprendre, il faut comprendre, réfléchir, être attentif, mémoriser et solliciter ses facultés cérébrales en permanence. Apprendre une langue ou se perfectionner dans sa langue natale peut ainsi présenter de nombreux avantages. En plus de stimuler le cerveau, cette solution permet à l’apprenant de s’ouvrir à d’autres cultures et coutumes, d’aiguiser sa curiosité et d’effectuer des recherches. L’apprentissage d’une langue peut aussi motiver la personne à voyager et à s’ouvrir aux personnes parlant ce langage, à travers des forums sur Internet ou dans des clubs de discussions.

Pour que cette méthode soit efficace, mieux vaut apprendre une langue en sollicitant toutes les parties du cerveau. Travailler la grammaire, rédiger des résumés de vidéos, traduire une image par un texte, sont autant d’exercices à effectuer régulièrement.

Commentaires

Par Chris K. le 11/03/18 à 16h50

Bonjour,

à défaut de méthode ASSIMIL;
est-ce que quelqu’un connait une méthode (ancienne ou récente) anglophone, germanophone, voire russophone pour apprendre le biélorusse en autodidacte ?
Lorsque l’on cherche sur internet, ça se limite qu’à de rares guides de conversation, de généralités sur le Bélarus, sa langue et sa culture (« Parlons biélorussien » aux éditions de l’Harmattan).

En fait, hormis suivre les cours de l’INALCO à Paris,
le matériel pédagogique pour apprendre la langue biélorusse semble quasi inéxistant sur le marché…

Bien que l’usage de la langue biélorusse soit minoritaire dans les zones urbaines du Bélarus par rapport au russe; c’est pourtant une langue slave orientale bien distincte de ses « sœurs » qui sont le russe, l’ukrainien, et le rusyn (ruthène).

Par Michel BELLON le 12/03/18 à 22h09

Bonjour Chris,

Je profite de ton message pour faire une petite remarque au sujet du nom de la Biélorussie, qu’on appelle maintenant aussi parfois le Bélarus, à la demande même des autorités du pays.
En dépit de l’insistance de Minsk et de la reconnaissance du terme par les Nations Unies, notamment sous sa forme anglaise de Belarus, il me semble qu’il n’y a pas de vraie raison pour changer nos habitudes et « biélorussifier » le nom du pays. Nous ne sommes pas ici dans un cas semblable à celui de la Birmanie, qui a effectivement adopté un nouveau nom en 1989 pour devenir le Myanmar (encore que les deux termes soient étymologiquement apparentés), modification d’ailleurs toujours contestée aujourd’hui.
L’endonyme Беларусь existe depuis au moins la fin du XIXème siècle, et beaucoup plus tôt encore les formes Белая Русь et Беларусія (« Russie Blanche ») l’ont précédé. L’exonyme français, validé en France et au Québec, me semble avoir l’avantage de souligner la continuité historique d’un état dont l’histoire n’est pas si récente qu’on le croit parfois. À mon avis, appeler la Biélorussie « Bélarus » (qui, finalement est aussi un exonyme, en raison de l’utilisation du é) n’est pas plus pertinent que remplacer Ceylan, Pékin et Bombay, entre autres toponymes, par Sri Lanka, Beijing et Mumbai, à l’imitation des médias anglophones qui cèdent d’autant plus facilement à la mode des noms locaux qu’elle est initiée par les pays concernés, pour des raisons pas toujours très claires ni convaincantes. Pourquoi à ce compte-là ne pas rebaptiser les trois pays baltes, mutatis mutandis, « Liétuvie », « Latvie » et « Estie », la Géorgie « Sakhartvélie » ou l’Arménie « Hayastan » ?…
Évidemment, dans le cas de la Biélorussie, je comprends bien les objections d’ordre politique qu’on peut opposer aux considérations linguistiques (de telles situations ne sont pas rares, nous avons eu l’occasion d’en parler au sujet de l’ex-Yougoslavie). Il va sans dire que je respecte la sensibilité de nombre de Biélorusses, exacerbée par les rapports compliqués que leur pays entretient depuis longtemps avec une Russie qui a trop souvent nié la réalité d’une spécificité biélorusse, tant historique que culturelle ou linguistique.

Pour en revenir à l’aspect des choses qui nous intéresse principalement ici, le biélorusse est en effet l’une des langues les plus mal servies parmi celles qui sont officielles en Europe et les livres le concernant sont très rares dans les langues « occidentales ». Mis à part quelques guides de conversation et l’inévitable (et très appréciable) « Parlons » de L’Harmattan, il m’est impossible de citer un vrai manuel en français, anglais ou allemand permettant d’en aborder l’étude de façon sérieuse. Pour un premier contact avec la langue, mais sans espoir d’en acquérir vraiment les mécanismes, on peut se rabattre sur les deux cédéroms consacrés par Eurotalk au biélorusse dans les séries Talk Now et Talk More. En revanche, je déconseille formellement le « Teach Me Belarusian » de LinguaShop, qui n’a pas plus de consistance que les « cours » de Eurotalk et qui est en plus en caractères latins. On trouve aussi sur Internet divers livres prétendument destinés à l’apprentissage de langues rares comme le biélorusse, mais qui ne sont en fait que des compilations de mots et phrases rudimentaires, le plus souvent assez pauvres. Pour clore ce court chapitre des publications en anglais, et bien qu’il ne s’agisse pas d’un cours mais d’une grammaire, je citerai enfin le « Fundamentals of Modern Belarusian » de Chris Marchant (2004) parce qu’il est téléchargeable gratuitement depuis le site [http://www.vitba.org/fofmb/fofmb.html]. On peut à la rigueur utiliser ce livre en parallèle à un guide de conversation, pour comprendre la grammaire de la langue à partir de phrases toutes faites, mais c’est bien sûr une tâche un peu fastidieuse.

C’est vers les publications en russe ou biélorusse qu’il faut se tourner pour disposer d’ouvrages plus substantiels. Malheureusement, il n’est pas facile de se les procurer. J’ai pour ma part un certain nombre de manuels ou documents (parfois en copie) parmi les rares parus en U.R.S.S. à l’époque déjà un peu lointaine où, résidant dans ce pays pour des raisons professionnelles, j’avais entrepris de mettre à profit mon séjour pour m’initier au plus grand nombre possible des nombreuses langues qui s’y parlaient. Le seul matériel existant pour la grande majorité d’entre elles était en général rédigé en russe ou même, dans le cas des manuels scolaires, dans la langue étudiée. Ces livres ne sont hélas plus disponibles nulle part depuis longtemps, mais de toute façon ils sont dans l’ensemble assez rébarbatifs, tout l’opposé des méthodes Assimil ! 🙂

Parmi les cours plus récentes que je possède, il est peut-être possible d’en trouver encore des exemplaires sur Internet. Toutefois, j’ai rapidement consulté quelques librairies en ligne russes, sans grand succès.
Je citerai d’abord « Гавары са мной па-беларуску » (Parle biélorusse avec moi) de Sjarzhuk Aljaksandraŭ et Galina Mycyk, manuel en russe datant de 2000. Il passe en revue toute la grammaire de base en seulement dix-sept leçons, qui sont donc assez denses. Mais bien entendu la proximité entre le russe et le biélorusse rend inutiles pour les russophones un certain nombre d’explications. Le corrigé des exercices est donné à la fin du livre, qui convient donc à l’autoapprentissage.
Ensuite, je mentionnerai « Урокі беларускай мовы » (Leçons de biélorusses), de L. Karabel’nikava et N. Snagoŭskaja, paru en 1993. Malheureusement, malgré sa date de publication, c’est encore un manuel typiquement soviétique : complet (bien qu’ayant une pagination modeste), fouillé, complexe, austère et sec, partant du postulat qu’une règle, exposée une seule fois de façon théorique et accompagnée de quelques exemples, va rester gravée à jamais dans le cerveau de l’élève après qu’il aura lu des textes de la littérature nationale, notamment des poésies, et ce dès la première leçon ! Bref, comme on dit, il faut s’accrocher, et être un fanatique de la grammaire (ce que je peux être, surtout quand il n’y a pas d’autre solution) pour en tirer un profit réel… 😀

Les manuels de biélorusse destinés aux écoliers, collégiens et lycéens sont pour moi parmi les plus intéressants. Mais pour les utiliser, il faut avoir l’habitude d’étudier dans la langue-cible, ce qui n’est possible qu’à conditions d’avoir des connaissances suffisantes dans des langues proches, en l’occurrence le russe, l’ukrainien et le polonais. J’ai une collection d’une trentaine de ces livres, de la classe de 1ère à la 12ème, selon le système scolaire en vigueur en Biélorussie. Ils ont été publiés entre 2006 et 2013, et reflètent donc la langue d’aujourd’hui, bien qu’un peu rétro sans doute par rapport à ce qui se fait chez nous. Mais c’est aussi très intéressant et agréable d’entrer dans une langue à la manière dont le font les enfants, un peu selon les principes d’Assimil, finalement !

Bonne soirée,
Michel.

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