Dyslexie et apprentissage des langues :
comment faire ?

Publié le 19/12/2018 par Assimil
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La dyslexie se manifeste par des difficultés à lire ainsi qu’une altération de l’orthographe et de la production d’écrits. En France, on estime que 6 à 8 % de la population est concernée par ce trouble, identifiable dès l’apprentissage de la lecture. Pour une personne atteinte de dyslexie, l’apprentissage d’une langue étrangère est-il possible ? Existe-t-il des langues plus simples à assimiler ?

Quand la dyslexie perturbe l’apprentissage des langues

Le terme dyslexie désigne un ensemble de troubles liés à la lecture et s’accompagne souvent de dysorthographie, c’est-à-dire de difficultés à écrire et à orthographier les mots. Au moment de l’apprentissage d’une langue, la dyslexie perturbe le mécanisme d’acquisition, qu’il s’agisse d’une langue maternelle ou étrangère, quel que soit l’âge de la personne.

Une étude menée par l’INSERM en 2001 sur des enfants apprenant l’anglais, le français ou l’italien comme langue maternelle a démontré que les mécanismes d’apprentissage activés pour apprendre une langue, tout comme les problèmes de mémoire à court terme bloquant cet apprentissage, sont similaires d’un pays à l’autre. Sans surprise, un Français dyslexique qui apprend l’italien ou un Allemand dyslexique s’initiant à l’espagnol rencontrera les mêmes difficultés que pour acquérir sa langue maternelle.

Pour une personne dyslexique, le système phonologique (c’est-à-dire les différents phonèmes qui composent une langue pour former les différents sons) est plus difficile à maîtriser que pour une personne ne souffrant d’aucun trouble. L’apprentissage d’un nouveau système phonologique, différent de celui de sa langue maternelle, est donc une difficulté majeure pour l’apprenant dyslexique. Et logiquement, plus le système phonique de la langue apprise est éloigné de celui de sa langue maternelle, plus la difficulté est grande.

La dyslexie impacte la mémoire auditive et visuelle, rendant plus difficile la mémorisation et la reconnaissance des mots. L’apprentissage d’une nouvelle langue demande de mémoriser une nouvelle image auditive et visuelle, alors que celle de la langue maternelle n’est pas encore acquise. Apprendre une langue étrangère, c’est mémoriser deux mots pour désigner un même objet, deux sons pour un même phonème, deux orthographes pour un même son : une difficulté double pour une personne dyslexique, à l’écrit comme à l’oral.

À lire aussi : Apprentissage d’une langue : comment le cerveau fonctionne-t-il ?

Dyslexie et apprentissage d’une langue : plus compliqué mais possible

Pour une personne souffrant de dyslexie, l’apprentissage d’une langue étrangère demandera plus d’efforts que pour un individu sans trouble. Pour autant, à cœur vaillant, rien d’impossible : l’acquisition nécessitera simplement plus de temps et d’efforts. Le choix de la langue peut également faciliter l’apprentissage.

Langues régulières ou irrégulières ?

Le monde des langues se divise en deux catégories : les langues régulières, et les irrégulières.
• Les langues régulières se distinguent par une correspondance phonème / graphème simple et univoque. Chaque son correspond à sa graphie : pas de lettre muette, pas de son pouvant s’orthographier de plusieurs façons : les sons s’écrivent comme ils se prononcent.
• Les langues irrégulières, au contraire, se reconnaissent grâce à leur correspondance phonème / graphème complexe. Un même son peut avoir plusieurs orthographes et un même graphème peut se prononcer de différentes manières.

Logiquement, pour une personne dyslexique, le processus de mémorisation, l’écriture et la prononciation d’une langue irrégulière seront plus lents et plus compliqués que l’apprentissage d’une langue régulière.

Les langues « faciles » à apprendre

L’anglais et le français sont des langues dites « difficiles » à apprendre, dans le sens où ce sont des langues irrégulières, sans règle simple concernant l’orthographe et la prononciation. En effet, l’anglais compte 1 120 graphèmes pour 40 phonèmes, tandis que le français compte 190 graphèmes pour 35 phonèmes.

Au contraire, l’italien est une langue « facile », car régulière. Elle compte seulement 33 graphèmes pour 25 phonèmes au total, soit pratiquement une orthographe par son. Plus facile à lire, plus logique à écrire, comptant peu d’exceptions, c’est théoriquement la langue la plus simple à assimiler… après l’espéranto. La langue internationale créée en 1887 est en effet « LA » langue régulière par excellence : chaque son correspond à un seul graphème. Pas d’ambiguïté !

À lire aussi : L’espéranto, langue universelle : de quoi s’agit-il ?

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